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STM

Sécurité des piétons: des caméras en guise de rétroviseurs?

Zacharie Goudreault

 - Agence QMI

Zacharie Goudreault/Agence QMI

La Société de transport de Montréal regarde sérieusement la possibilité de munir ses autobus de caméras extérieures pour en remplacer les rétroviseurs.

«Il y a la législation, bien entendu, avec laquelle on devra travailler parce qu’à Genève ils ont été capables de faire passer une loi qui autorise la caméra en guise de rétroviseur, ce qui n’est pas encore le cas pour nous, mais oui nous travaillons sur cette problématique», a déclaré mercredi soir la directrice exécutive du réseau de bus de la STM, Renée Amilcar, lors de l’assemblée publique du conseil d’administration de l’entreprise.

À Genève, 12 bus ont été munis de caméras en guise de rétroviseurs dans le cadre d’une expérimentation, ce que ne permettrait pas de faire la législation canadienne actuelle. Il s’agit donc d’une avenue explorée à long terme par l’entreprise.

Une des motivations de la STM est de réduire les risques qu’un piéton se fasse frapper par un rétroviseur en attendant l'autobus. Déjà, les rétroviseurs extérieurs droits de 151 autobus hybrides, sur une flotte de plus de 1800 véhicules, ont été rehaussés de 10 cm dans les dernières années.

«Sur nos autobus, en effet, le rétroviseur du côté droit était beaucoup trop bas, compte tenu aussi que les gens sont de plus en plus grands [...] Ce n’est pas alarmiste en termes de quantité [de personnes blessées], mais une personne, c’est une personne de trop», a indiqué Mme Amilcar.

Les situations où des piétons «sont accrochés par un rétroviseur de bus sont extrêmement rares», a toutefois précisé le conseiller en affaires publiques de la STM, Philippe Déry. Un seul événement du genre serait survenu l’an dernier.

Craintes

«Ça m’arrive assez souvent d’avoir l’impression de passer à un cheveu d’être frappé par un rétroviseur. Ça pourrait causer des blessures graves», a déploré Jean-Jacques Lussier, un psychologue à la retraite qui a envoyé une lettre en août dernier à la STM pour réclamer entre autres que des panneaux invitant les piétons à la prudence soient installés aux arrêts d’autobus.

Selon Philippe Cousineau Morin, membre du conseil d’administration de Piétons Québec, les risques qu’un tel incident survienne sont bien réels. «Je pense que la doléance est légitime. Les autobus accueillent des milliers de personnes par jour, donc il y a un risque. Il y aurait moyen d’accommoder mieux les véhicules pour les usagers, qui sont aussi des piétons», a-t-il souligné.