/news/world

Parti d'extrême droite

Jean-Marie Le Pen exclu du Front national, mais il reste président d’honneur

Agence France-Presse

La justice française a confirmé vendredi l'exclusion du fondateur du FN, Jean-Marie Le Pen, mais en tant que simple membre, le maintenant ainsi président d'honneur du parti d'extrême droite, avec pour effet immédiat de raviver le conflit politico-familial.

La cour d'appel de Versailles, près de Paris, a validé l'exclusion, en août 2015, de M. Le Pen de la formation qu'il a créée mais jugé que cela n'avait «pas d'effet sur sa qualité de président d'honneur» car les statuts du FN ne prévoient pas que cette fonction purement honorifique soit réservée «aux seuls adhérents».

Jean-Marie Le Pen, joint par l'AFP, a réagi à cette «bonne nouvelle» en menaçant de se rendre au congrès du FN en mars en recourant à la «force publique».

«A priori je devrais y aller», a-t-il déclaré après que la direction du FN a affirmé qu'elle lui interdirait l'accès au congrès au motif qu'il n'est plus adhérent. «J'ai suffisamment de partisans au Front national pour n'avoir pas besoin de la force publique. Mais s'il était nécessaire de le faire, pourquoi pas», a-t-il ajouté.

«Ça mettrait Marine Le Pen dans une situation médiatiquement difficile», a estimé M. Le Pen.

«Je reste président d'honneur, avec les prérogatives qui s'attachent à la fonction. On doit me convoquer au congrès, on doit me convoquer dans les bureaux politiques, (...) dans tous les organismes du mouvement où j'ai le droit de siéger», a-t-il fait valoir.

«Dans un mois, ce problème sera totalement réglé», a au contraire balayé sur la chaîne d'information continue BFM Steeve Briois, secrétaire général du FN.

Lors du congrès de leur parti les 10 et 11 mars à Lille (nord), les militants du FN devront en effet se prononcer sur la suppression du poste de président d'honneur, déjà actée le 23 janvier par la direction du FN. Les adhérents «ont déjà été consultés il y a deux ans de cela et ils avaient à 95% souhaité supprimer la présidence d'honneur et modifié les statuts», a-t-il poursuivi.

Au-delà de cette question, M. Le Pen «n'a pas été reconnu comme adhérent» du FN et sera, de ce fait, «évidemment» interdit d'accès au congrès du parti, a-t-il poursuivi.

«La justice confirme que Jean Marie Le Pen n'aura pas le droit de participer au congrès de mars», a noté le FN dans un communiqué.

Jean-Marie Le Pen, aujourd'hui âgé de 89 ans, a présidé le FN de 1972 à 2011 mais en a été progressivement évincé par sa fille Marine, élue présidente en 2011, qui a voulu «dédiaboliser» le parti d'extrême droite afin de l'amener jusqu'aux portes du pouvoir.

Le FN s'est qualifié par deux fois pour le second tour d'une élection présidentielle en France: en 2002 avec Jean-Marie Le Pen et en 2017 avec Marine Le Pen.

M. Le Pen avait été suspendu du parti en mai 2015, puis exclu le 20 août par le bureau exécutif, à la suite de déclarations «constituant des fautes graves», en particulier ses propos réitérés sur les chambres à gaz, qu'il estimait être un «détail» de l'Histoire. Cette déclaration lui avait valu d'être condamné par la justice.

Le FN reprochait également à M. Le Pen sa défense du maréchal Pétain, qui avait collaboré avec le régime nazi lors de la Seconde guerre mondiale, mais aussi des critiques contre les instances dirigeantes du parti.

La cour d'appel de Versailles a confirmé un jugement de première instance mais augmenté le montant de l'astreinte prononcée à l'encontre du FN, qui passe de 2000 à 5000 euros par «infraction constatée» - par exemple à chaque défaut de convocation à une instance. Le FN est par ailleurs condamné à verser 25 000 euros de dommages et intérêts à M. Le Pen, contre 15 000 en première instance.

Dans la même catégorie