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«Pas une semaine où la victime ne pense pas à ce qui s’est passé»

Agression sexuelle sur une fille saoule: les parties ne s’entendent pas sur la peine

Kathleen Frenette | Agence QMI

Mad-Giovanni Turpin

Archives Kathleen Frenette, Agence QMI

Mad-Giovanni Turpin

C’est un total de 36 mois qui séparent les propositions de peine faites par les avocats à la juge qui aura à déterminer quelle sentence devra être imposée à un homme sans statut légal qui a été trouvé coupable d’agression sexuelle sur une jeune femme complètement saoule.

Le 5 février 2012, Karine (prénom fictif) s’est réveillée nue dans un appartement qu’elle ne connaissait pas aux côtés d’un inconnu qui porte le nom de Mad-Giovanni Turpin et qui était alors âgé de 27 ans.

La veille, avec des amis, la jeune femme de 19 ans avait quitté Belœil en Party-Bus pour aller faire la fête au Dagobert. Dans l’autobus, l’alcool coulait à flots, tant et si bien que Karine ne se souvient même pas d’être arrivée à Québec.

Devant son état d’intoxication, les portiers du bar l’ont mise à la porte «manu militari et sans aucun égard pour la sécurité de la plaignante», avait souligné la juge Christine Gosselin lors du jugement rendu en octobre dernier.

Dans la rue, sans manteau, en petite jupe courte et camisole, la jeune femme a été «ramassée» par l’accusé qui l’a conduite chez lui, où deux relations sexuelles – l’une protégée et l’autre non – ont eu lieu.

Vulnérabilité de la victime

«Depuis six ans maintenant, il n’y a pas une semaine où la victime ne pense pas à ce qui s’est passé cette nuit-là... et bien que monsieur ne soit pas accusé d’enlèvement, il n’en demeure pas moins qu’il a profité de la vulnérabilité d’une jeune femme pour l’amener chez lui et assouvir ses plus bas instincts», a dit Me Michel Bérubé en réclamant une peine variant de 36 à 42 mois.

En défense, Me Hugo Blanchette a plutôt suggéré une peine d’incarcération de six mois «moins le temps préventif fait», qui équivaut à 103 jours.

De cette façon, son client pourrait «faire appel» d’une éventuelle décision de renvoi puisque l’homme se trouve présentement au Canada sans statut légal.

Un possible renvoi qui, selon Me Blanchette, serait une conséquence «énorme et grave» en opposition aux «nombreux facteurs atténuants» comme celui d’avoir pris «soin de la victime» le lendemain de l’agression «en allant la conduire à l’autobus».

La décision sera rendue le 12 mars prochain.