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Auditions

Jonathan Freeman: de la rue à «La Voix»

Samuel Pradier

 - Agence QMI

COURTOISIE OSA IMAGES ET TVA

Même caché derrière un rideau, Jonathan Freeman a bouleversé les quatre coachs, qui se sont rapidement retournés en entendant sa voix. Originaire de Sept-Îles, le jeune homme de 24 ans n’a pas eu une vie facile avant de se rendre aux auditions de «La Voix».

Lorsque Jonathan était plus jeune, sa famille a connu un drame. «L’homme qui fréquentait ma mère à l’époque était très malsain. Nous étions jeunes lorsque celui-ci s’est mis à violer ma grande sœur, qui a juste un an de plus que moi. Ça a duré pendant des années. Quand ça s’est su, le drame a éclaté. Ma mère est tombée malade. On s’est fait jeter dehors, et comme on n’avait rien, on a vécu longtemps dans une voiture. J’ai alors goûté à la pauvreté. J’ai ensuite connu pas mal de familles d’accueil.»

Aujourd’hui, sa situation familiale est un peu plus stable, même si le drame a toujours des répercussions sur sa vie. «Ma mère est toujours malade. Elle va un peu mieux, parce qu’elle est suivie, elle a un copain et une maison. Mais elle lutte toujours contre la dépression. Ma sœur, de son côté, a eu un choc post-traumatique, mais elle essaie de s’en sortir. Elle est actuellement à l’université. Tout le monde va mieux, parce que nous sommes maintenant adultes. On n’a plus à nous tenir la main. Mais nous nous sommes vraiment battus pour nous en sortir.»

Une échappatoire

La musique a agi comme une soupape et un moyen d’évasion pour Jonathan durant cette période sombre. «La musique est une façon de m’exprimer. Ç’a été une porte de sortie pour moi. Je ne pensais jamais que ça m’aiderait à arriver où je suis. Ça fait seulement un an que je suis sorti de Sept-Îles, j’habite désormais à Québec. J’étais intimidé de déménager, j’avais peur de montrer ce que je peux faire, qui je suis. Maintenant je sais que peu importe d’où l’on vient, on peut réussir à faire ce qu’on veut.»

Une audition mouvementée

Alors qu’il était en train de faire sa prestation, Jonathan Freeman a eu la surprise de voir Éric retirer le rideau qui le cachait. «C’était un drôle de moment, parce que j’avais surtout peur que quelque chose me tombe sur la tête. J’étais en train de faire une prestation qui était déterminante pour la suite de ma vie, je n’avais pas droit à l’erreur. Rester concentré sur ma chanson a été difficile.»

Au moment de choisir son coach, Jonathan a suivi son instinct. «Je suis allé vers la personne qui avait de bons arguments et qui avait envie de me voir grandir dans l’émission. J’avais quand même une préférence pour Éric, on a tout de suite connecté. Je suis plus dans un style folk-rock, centré sur mes émotions. Je suis quelqu’un de très organique. Je n’ai pas choisi un coach pour son style de musique, mais plutôt pour sa capacité à me comprendre.»

Des voix de talents

La première ronde des auditions à l’aveugle de la sixième saison de «La Voix» a réservé pas mal de surprises. Les candidats ont des parcours et des âges très différents, mais leurs voix sont toutes porteuses d’émotions.

Yama Laurent, 27 ans, Haïti

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Après une enfance difficile avec son père, en Haïti, dont elle ne veut pas parler, Yama a eu la chance de retrouver sa mère et de tisser une relation solide avec elle. Même si elle écoutait beaucoup de musique - dont les albums de Garou - dans sa jeunesse, ce n’est qu’à l’université qu’elle a commencé à chanter. «J’écrivais beaucoup de poèmes, et durant des soirées étudiantes, je les lisais en public. Mes amis me disaient que ce serait encore plus intéressant et accrocheur de les chanter. J’ai commencé à faire ça, il y a seulement deux ans. J’enregistrais des musiques instrumentales que je prenais sur YouTube et je lisais mes poèmes tout au long de la musique. Si la musique faisait dix minutes, je prenais un texte plus long, et je chantais pendant dix minutes, jusqu’à ce que la musique s’arrête.» Rejoindre l’équipe de Garou a été l’un de ses grands bonheurs.

Emma Lépine, 17 ans, Chicoutimi

Chanter est un rêve qu’Emma Lépine caresse depuis sa plus tendre enfance. «Depuis que je suis toute petite, je n’arrête pas de chanter partout et n’importe quoi. J’ai commencé à chanter dans une chorale, mais je n’aimais pas ça. Moi, je voulais surtout faire mes chansons.» Avec détermination, la jeune fille souhaite mettre toutes les chances de son côté en intégrant le programme d’interprétation musicale au Collège Lionel-Groulx, l’an prochain, même si elle doit quitter sa région natale, ses amis et sa famille. «C’est un gros changement pour moi. Mais je pense que c’est un beau sacrifice pour tenter ma chance dans ce milieu.» Pour elle, ««La Voix» est juste un premier tremplin professionnel. «C’est une manière de me faire voir par le public, de montrer que je peux incarner des personnages, et faire des contacts. Je suis jeune, mais j’espère que je vais pouvoir percer dans ce métier rapidement.»

Ceeko, 33 ans, Vancouver

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Après avoir été inscrit par un ami aux préauditions de «La Voix», Ceeko (Pascal de son vrai prénom) n’a pas eu le choix de revenir au Québec pour tenter sa chance dans le milieu de la musique. Une manière de le ramener auprès de ses amis et de sa famille. «Il y a quelques années, j’avais besoin de changement et de voir autre chose. Avec ma copine, on a décidé sur un coup de tête de partir en Asie. On a décidé de passer par Vancouver, mais en arrivant là-bas, on est tombé en amour avec la ville. On a décidé de rester et de voir ce que la ville avait à nous offrir. Au bout de deux ans, on a finalement fait un voyage de dix mois en Asie, et au retour, on a décidé de s’installer à Vancouver.» Sans attente, Ceeko aurait bien pris les quatre coachs, s’il avait pu, mais il a dû choisir. «J’ai trouvé que Garou avait une approche très sympathique en plus d’avoir commencé sa carrière un peu comme moi, en chantant dans les bars.»

Les recrues de la semaine

Équipe Lara Fabian

- Krystel Mongeau, 22 ans, Saint-Malo

- Félix Lemelin, 20 ans, Québec

Équipe Garou

- Yama Laurent, 27 ans, Haïti

- Emma Lépine, 17 ans, Chicoutimi

- Ceeko, 33 ans, Vancouver

Équipe Alex Nevsky

- Ben Alexander, 29 ans, Montréal

- Élodie Bégin, 22 ans, Repentigny

Équipe Éric Lapointe

- Rebecka Lussier, 24, Fontainebleau

- Jonathan Freeman, 24 ans, Québec