/news/politics

Investissement étranger

Le Canada enquête sur le rachat d'Aecon par le chinois CCCC

Agence France-Presse

PHOTO COURTOISIE / AECON

Le gouvernement du Canada a ordonné lundi une enquête de sécurité nationale sur le rachat pour 1,5 milliard de dollars canadiens du groupe de BTP Aecon par son concurrent chinois China Communications Construction Company (CCCC).

Si elle est approuvée par Ottawa, l'acquisition sera effective au plus tard au 13 juillet 2018, a annoncé Aecon dans un communiqué.

Le gouvernement de Justin Trudeau «a exigé un approfondissement de l'enquête de sécurité nationale» sur la transaction, est-il indiqué.

Cette mesure a été prise par le ministère de l'Innovation, de la Science et du Développement économique en vertu de la loi sur les investissements étrangers, a noté la société canadienne.

L'opposition à la Chambre des Communes avait exhorté le gouvernement Trudeau à se pencher sur le rachat du troisième plus gros groupe canadien de BTP.

Aecon a réalisé plusieurs contrats sensibles pour le gouvernement fédéral dont certains «pour l'armée et le secteur nucléaire», a relevé la semaine dernière l'ancien ministre conservateur de l'Industrie, Tony Clement.

Il a également pointé les soupçons de corruption dont font l'objet CCCC et ses filiales, ce qui leur a notamment valu d'être interdits d'exercer au Bangladesh, avait-il dit.

CCCC International Holding, filiale d'investissement du groupe étatique chinois, offre 20,37 dollars par action d'Aecon, au terme de l'accord conclu par les deux entreprises.

Ce montant représente une prime de 42 % par rapport au cours de l'action Aecon en Bourse le 24 août, jour où le groupe a annoncé sa «possible vente».

Le géant chinois a construit plusieurs ports et canaux en Chine tandis qu'Aecon a participé à la construction d'ouvrages majeurs au Canada, comme la tour CN à Toronto ou le Sky Train de Vancouver.

Le géant chinois compte 118 000 salariés, dont 48 000 à l'étranger, contre 12 000 pour Aecon.