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Dépenses publicitaires

Le favoritisme du fédéral dénoncé

TVA Nouvelles

Les médias canadiens dénoncent le traitement préférentiel qui permet à leurs concurrents étrangers de ne pas facturer de taxe. Voyez le premier reportage de notre série qui porte sur les géants du numérique qui transforment notre économie.

Les budgets du gouvernement fédéral pour les diverses campagnes d'information, pour les publicités de sensibilisation et les messages de prévention ont fondu ces dernières années passant de 136 M$ en 2010 à 36 M$ en 2017.

L'an dernier, la majeure partie de ces budgets a été accordée à deux géants américains: Facebook et Google.

«C'est un coup direct aux revenus, aux investissements dans les productions canadiennes par les producteurs indépendants. C'est un coup direct aux emplois sur le terrain», déplore Catherine McLeod qui représente les télédiffuseurs de partout au pays.

Elle s'inquiète du fait que les élus favorisent des médias étrangers alors que l'industrie canadienne est confrontée à une baisse de ses revenus.

Car contrairement aux médias canadiens, Facebook et Google ne sont pas taxés sur la publicité qu'ils vendent. L'an dernier, leurs revenus publicitaires frôlaient les six milliards de dollars au Canada. Et Google, par exemple, encaisse ces milliards en Irlande, où la fiscalité lui semble favorable.

Même si les médias sociaux sont devenus incontournables dans le monde de la publicité, bien des experts estiment que les gouvernements n'ont pas nécessairement besoin de dépenser des dizaines de millions de dollars.

Selon Catherine McLeod, les dépenses publicitaires du gouvernement sont le symptôme d'un problème plus large soit l'attitude défavorable du fédéral à l'égard des médias canadiens.

Elle cite en exemple ce message diffusé sur Twitter par le CRTC pendant le Super Bowl. L'organisme qui réglemente les télécommunications au Canada a encouragé le public à regarder l'événement sportif sur une chaîne américaine pour pouvoir regarder les publicités américaines, et ce, au détriment des diffuseurs canadiens, qui présentaient pourtant le même événement.