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Québec

Un fabricant de bottes se dit victime de plagiat

Nicolas Saillant | Agence QMI

Une entreprise de Québec qui fabrique des bottes d’hiver vient de découvrir avec stupeur qu’elle se faisait littéralement copier les patrons, les matériaux et les semelles d’une dizaine de modèles de ses bottes par un importateur de Montréal.

Dans le milieu des bottes d’hiver depuis plus de trois décennies, l’entreprise Henri-Pierre, qui a pignon sur rue dans le secteur Saint-Émile, est en pleine tourmente depuis la fin janvier. Alors que l’entreprise doit remplir ses carnets de commandes pour la saison hiver 2018-2019, son directeur général a découvert qu’une entreprise de Montréal copiait intégralement plusieurs modèles de ses collections antérieures.

Copies identiques

«C’est du vol, c’est carrément du vol», lance, interloqué, Jean-François Gadoury, directeur général de Chaussures Henri-Pierre. «Ils ont fait une collection de nos bottes, tout est pareil», assure-t-il.

«C’est toutes nos bottes, des copies à 100%. Les mêmes formes, les mêmes semelles, les mêmes patrons, styles, coutures, œillets, tout», assure-t-il preuves à l’appui. Des modèles des collections «Bastien» 2015, 2016 et 2017 ont été copiés par l’entreprise de Montréal. Des bottes vendues au Québec entre le tiers et la moitié du prix.

Si Henri-Pierre fait aujourd’hui fabriquer ses bottes en Chine pour suivre la concurrence, Jean-François Gadoury rappelle que la recherche et le développement des quelque 120 modèles de bottes qu’il produit par année coûtent cher. «J’ai deux designers, je les envoie en Chine vérifier la qualité des échantillons, les matières premières. Je les envoie dans les expositions voir les tendances, qu’est-ce qui se prépare dans le marché. C’est beaucoup d’investissement», explique le directeur général.

«Coquille vide»

M. Gadoury a donc fait parvenir un avis de mise en demeure à un importateur montréalais, alors que la GRC a décidé d’ouvrir un dossier. Or, il semble que l’entreprise en question soit une «coquille vide» et que les huissiers ont eu de la difficulté à signifier la mise en demeure.

Après avoir constaté l’exactitude des copies, l’entreprise s’est aussi tournée vers son fournisseur en Chine pour savoir si les copies venaient de la même usine, ce qui n’est finalement pas le cas. «C’est mes patrons de bottes, mes semelles, mais pas ma qualité de production», explique M. Gadoury.

En attendant la suite des choses, M. Gadoury souhaite que ses clients privilégient la qualité de ses produits à celle des copies. «Je n’ai pas les moyens financiers de Nike ou Skechers. Moi, je me bats pour garder ma place sur le marché», fait-il valoir.