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Risques en milieu de travail

Des entrepreneurs préoccupés par la légalisation du cannabis

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

La légalisation du cannabis préoccupe en milieu de travail, notamment industriel. Aussi bien dans les usines que dans les ateliers de fabrication, l'interrogation est réelle parce que le travail est parfois dangereux.

«On ne peut pas être sous l'influence de cannabis ou d'alcool ici au travail», a affirmé le directeur-général de Fonderie Saguenay, Marc Savard.

Chez Démex, la démolition industrielle peut être aussi risquée, a expliqué le président, Yanick Tremblay, donnant l’exemple d’un «opérateur de pelle mécanique qui est sous l'influence de marijuana. Tu sais, il peut y avoir des conséquences très graves».

Dans ces deux milieux, la situation d'un travailleur intoxiqué par le cannabis a déjà été vécue. «On a surpris quelqu'un en flagrant délit. Par contre, on a agi en conséquence et les choses se sont bien passées par la suite», a mentionné Marc Savard, en indiquant que son entreprise favorisait la réhabilitation.

L'arrivée de la nouvelle loi fédérale amène donc son lot de questions. «Je suis un peu curieux de voir ce que ça va faire. Ça va être important de ne pas avoir de laxisme», a fait savoir M. Savard.

Une opinion partagée chez Démex. «C'est sûr que de notre côté, c'est tolérance zéro», estime Yanick Tremblay.

Ces deux employeurs vont remettre à jour leur politique antidrogue et la rappeler à leurs employés. «Il va y avoir beaucoup de travail de prévention à faire avant que la loi entre en vigueur», estime le DG de Fonderie Saguenay.

Démex songe à faire signer un engagement de sécurité à ses employés.

La multinationale Rio Tinto aussi devra réviser sa politique. L’entreprise travaille sur le dossier afin de tenir compte du nouveau produit légalisé.

Détection de cannabis

Le problème en milieu de travail risque d'être la détection de cannabis chez un employé qui le rend inapte à travailler.

«Personne ne sait exactement c'est quoi la consommation raisonnable, a souligné le président du conseil central de la CSN au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Engelbert Cottenoir. Qu'est-ce qu'il ne l'est pas? Il y a des choses qui auraient dû être réglées, être pensées avant et qui ne sont pas encore faites. Il n'y pas encore de données fiables.»

Marc Savard y voit aussi une autre zone grise. «L'employé va pouvoir nous dire "oui, j'ai du THC dans le sang parce que j'ai consommé en fin de semaine". Peut-être qu'il va y avoir un petit flou législatif à ce niveau-là. Mais ça va être à nous d'être vigilant au niveau de l'attitude de nos employés au travail.»

Les employeurs et les syndicats espèrent qu'une procédure de détection sera établie. «Il faut le faire de façon respectueuse. Selon les lois, la protection de la vie privée», a dit Marc Savard.

«Quand on a un doute qui est raisonnable, je pense que ça va être légitime d'en discuter avec la personne et de voir s'il y a lieu de savoir si c'est fondé ou pas», a poursuivi le président de Démex.

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