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Six semaines aux soins intensifs

Sa «grippe d’homme» le plonge dans le coma

TVA Nouvelles

Éric Denis Fournier était en pleine santé lorsqu’il a été frappé par la grippe en mars 2016. Et dire qu'il a attrapé une vraie «grippe d'homme» serait plutôt faible. Il est tombé dans le coma avant de passer six semaines aux soins intensifs et trois mois à l’hôpital.

Voyez son témoignage à l’émission de Denis Lévesque dans la vidéo ci-dessus

Un matin, l’homme de 46 ans s’est levé avec les symptômes d’une grippe, «comme à peu près tout le monde sur le plateau a probablement eu dans sa vie», confie-t-il à Denis Lévesque.

M. Fournier, pourtant quelqu’un qui se dit «actif et en forme», passe la première journée en prenant «des Advils». Le lendemain, sa situation empire. «Je commence à avoir des sueurs, une pression dans l’estomac, de la misère à respirer, moins d’appétit», détaille-t-il, mais il est confiant que tout cela allait passer.

Peu motivé à se rendre à l’hôpital et à devoir y attendre son tour, il décide d’endurer son mal une troisième journée. Il ressent alors une pression de plus en plus grande sur sa cage thoracique. «Et là, la fièvre commençait... à 39 degrés environ.»

Sa conjointe le place devant un choix : on se rend à l’urgence ou on appelle une ambulance. M. Fournier se rend donc à l’urgence de la Cité de la santé à Laval. «En arrivant, j’ai peut-être 50 mètres à marcher, mais j’ai de la misère à me rendre, explique-t-il. Je me sens comme un marathonien qui vient de franchir le fil d’arrivée et qui n’a plus de jus.»

En sueur de la tête aux pieds, le patient est alors placé en isolement par l’équipe médicale, alors que son système immunitaire est à son plus bas. «À partir de ce moment, ça commence à être flou, je perds un peu la carte», dit-il.

Pas de souvenirs

M. Fournier divise son séjour à l’hôpital en deux segments. «Sur les trois mois où j’ai été hospitalisé, il y a six semaines que je n’ai à peu près pas de souvenirs. Quant à l’autre six semaines, à partir du moment où je tombe aux soins intermédiaires, là, je suis un peu plus conscient et je reçois moins de médicaments. Je me rends compte de ce qui m’arrive», témoigne-t-il.

Affaibli à cause de la grippe, M. Fournier n’est pas au bout de ses peines. Il est alors frappé par une embolie pulmonaire. «J’étais le candidat parfait pour ramasser presque tout ce qu’il y avait à l’hôpital.»

À un certain point, après 13-14 jours aux soins intensifs à Laval, un médecin décide de le faire transférer à l’Hôpital Sacré-Cœur, où une machine cœur-poumon  pourra venir à sa rescousse, car ses poumons ne fonctionnent plus. Son état est critique: son poids, habituellement à 175 livres, a chuté à 132 livres.

«J’ai jamais paniqué, avoue-t-il à l'animateur de LCN. En tant qu’humain, on dirait qu’on a la capacité de s’adapter à des situations. Moi, j’étais content d’être en vie», relate-t-il, en reconnaissant que c’est davantage sa famille qui a été bouleversée.

Éric Denis Fournier estime qu’il a eu besoin d’une année complète avant de revenir à une vie normale.