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Légalisation du cannabis

Un psychiatre de Saguenay inquiet pour les jeunes plus fragiles

Jean-François Tremblay | TVA Nouvelles

Un psychiatre de Saguenay est très inquiet pour la santé mentale des jeunes plus fragiles alors que la légalisation du cannabis approche à grands pas au pays.

«Avant 18 ans, même avant 25 ans, le cannabis, ce n'est pas bénéfique pour le cerveau. C'est même nocif», a dit le Dr Laurent Coulloudon.

«On a des patients qui commencent à consommer du cannabis très jeunes, vers l'âge de 12 ans. Des quantités importantes, quotidiennes, et qui développent des schizophrénies au début de l'âge adulte», a-t-il poursuivi en entrevue avec TVA Nouvelles.

Une seule consommation de cannabis, une fois dans une vie, augmenterait le risque de psychose toxique de 40 %.

«Ce sont des gens qui perdent contact avec la réalité. Qui présentent des hallucinations, des idées bizarres, a expliqué le médecin.

Chez les consommateurs intensifs, le risque grimpe de 390 %.

Ceux qui travaillent en santé mentale voient leur message être bloqué par la légalisation. «Des gens qui vont dire, ça ne doit pas être si grave, finalement, parce que le gouvernement légalise ça», a témoigné Guylaine Laberge, directrice-générale de l'organisme Le Maillon, qui vient en aide à 500 familles par année dans la région.

Le psychiatre Coulloudon ne voit pas que du négatif dans la légalisation. «Je ne veux pas que vous perceviez que je suis contre cette loi-là. Elle vient contrôler des substances. Elle vient décriminaliser. Elle vient encadrer la consommation de cannabis», a-t-il dit.

Les chiffres des Centres jeunesse du Saguenay-Lac-St-Jean indiquent qu'il y a plus de consommation, toutes substances confondues, ici que dans le reste du Québec.

Laurent Coulloudon a fait des conférences dans les écoles pour adresser un message de prévention. «Le cannabis est un facteur de risque important pour développer un trouble psychotique primaire», a-t-il indiqué.

Guylaine Laberge craint que la plus grande facilité à consommer du cannabis entraîne certaines personnes à la recherche de sensations fortes vers d'autres produits plus forts. «Est-ce que ça n'amènera pas une consommation plus importante quand je n'ai pas le buzz que je voudrais avoir?»

Autre préoccupation, avec seulement 14 psychiatres sur les 22 postes disponibles et sans programme régional de premier épisode psychotique, Laurent Coulloudon s'interroge.

«C'est sûr que s'il y a une augmentation de la prévalence, soit des troubles d'utilisation, des psychoses, des troubles anxieux, des dépressions, on va être débordés», a-t-il dit.

Selon lui, le gouvernement n'est pas prêt. «Avant l'entrée en vigueur de cette loi-là, il manque de ressources. Il manque d'éducation, de prévention. Il faut vraiment faire plus avant de mettre en vigueur cette loi-là», a-t-il ajouté.

L'Association des médecins psychiatres du Québec propose que la consommation ne soit pas autorisée avant l'âge de 21 ans. Elle souhaite aussi que la force du cannabis soit limitée à 8 % de THC.

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