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La «quasi-totalité» des restes de Maëlys retrouvés

Philippe Desmazes et Daniel Abelous | Agence France-Presse

Après la découverte, la veille, de premiers ossements de Maëlys, les enquêteurs ont retrouvé jeudi la «quasi-totalité» des restes de la fillette disparue en août et certains de ses effets.

Reste à déterminer les circonstances de sa mort sur lesquelles Nordahl Lelandais, l'ancien militaire qui a avoué mercredi avoir tué «involontairement» la petite fille, reste muet.

Le procureur de la République de Grenoble (est), Jean-Yves Coquillat, a annoncé à l'AFP que «la quasi-totalité du squelette» de l'enfant ainsi que «les vêtements et une chaussure», avaient été retrouvés au même endroit que les premiers restes.

Aucun autre élément lié au crime n'a été trouvé dans ce secteur, a-t-il précisé.

Suivant les indications de Nordahl Lelandais, un crâne et un os long appartenant à la fillette de 8 ans avaient été mis au jour mercredi dans un secteur escarpé en Savoie, dans l'est du pays.

Acculé après la découverte de nouveaux indices, l'ex-militaire de 34 ans venait d'avouer, après six mois de silence, avoir tué «involontairement» la fillette de 8 ans, disparue lors d'un mariage en Isère, département voisin de la Savoie.

Les opérations de recherche, qui ont été compliquées jeudi par des conditions météorologiques difficiles - neige, pluie et épais brouillard -, sont terminées, a ajouté le procureur.

Après les aveux de Nordahl Lelandais, les enquêteurs vont désormais s'attacher à déterminer les circonstances de la mort de Maëlys et notamment sa nature accidentelle, thèse avancée par l'unique suspect qui a refusé de s'exprimer davantage.

«Il a indiqué qu'il souhaitait d'abord que le corps de Maëlys soit retrouvé et qu'il s'expliquerait ultérieurement», à l'occasion d'une prochaine audition, avait indiqué mercredi Jean-Yves Coquillat.

Pour son avocat, Alain Jakubowicz, c'est un «grand soulagement» de voir que son client dit désormais la vérité après s'être muré dans le silence depuis sa mise en examen.

«L'enquête doit se poursuivre. Il aura à répondre à de nombreuses questions. Il sera entendu prochainement sur les circonstances dans lesquelles cette mort est intervenue. J'ai la conviction qu'il y contribuera pleinement», avait dit Me Jakubowicz, intervenant peu après le procureur de la République.

Plusieurs indices accablaient depuis près de six mois l'unique suspect de l'enlèvement et du meurtre de l'enfant: une trace ADN de Maëlys retrouvée sur le tableau de bord de son véhicule et des images de caméra de surveillance filmées dans la nuit de sa disparition.

Lelandais va-t-il pouvoir longtemps plaider le caractère accidentel de sa mort alors qu'il est aussi mis en cause dans le meurtre d'un jeune militaire, le caporal Noyer?

«Je n'oublie pas qu'il y a un autre dossier», avait indiqué Me Jakubowicz, sur les conseils duquel Lelandais est passé aux aveux pour la mort de Maëlys.

Lelandais, dont le profil psychologique continue à dérouter les enquêteurs, a été inculpé le 20 décembre pour l'assassinat d'Arthur Noyer en avril, toujours dans cette même région proche de Chambéry (Savoie).

Sur France info, l'avocat de la famille Noyer Bernard Boulloud, a espéré qu'il «ira jusqu'au bout de sa logique d'aveux».

Même si son avocat s'offusque de l'étiquette de «serial killer» qui est désormais attachée à son client, «sans l'ombre du commencement d'une preuve», le parquet de Grenoble a aussi rouvert récemment quatre autres affaires de disparitions, survenues en Isère entre 2010 et 2016.

Une cellule de coordination, baptisée Ariane, a été créée il y a moins d'un mois au pôle judiciaire de la gendarmerie nationale à Pontoise (région parisienne), afin de détecter d'éventuels recoupements entre «le parcours de vie» de Lelandais et des disparitions et crimes non élucidés.

Ce travail vise à «fixer dans le temps et dans l'espace» le suspect pour permettre des rapprochements et relancer des enquêtes criminelles non résolues.

Au Pont-de-Beauvoisin, où l'émotion reste vive, habitants et badauds sont encore venus déposer jeudi fleurs et peluches devant le sanctuaire improvisé devant la salle des fêtes d'où Maëlys a disparu.

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