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Précarité financière des comédiens

L’UDA discute des policiers-acteurs

Robert Plouffe | Agence QMI

GEN- COALITION  POUR LA PÉRÉNITÉ DE L'EXPRESSION CULTURELLE À L'ÈRE NUMÉRIQUE

MARTIN ALARE/JOURNAL DE MONTRÉA

L’Union des artistes se penchera jeudi sur la précarité financière des comédiens lors d’une rencontre cruciale visant à régler l’épineux problème des policiers-acteurs.

Un dossier de notre Bureau d’enquête concernait des comédiens professionnels qui soutiennent se faire voler leur gagne-pain par de vrais policiers qui agissent comme acteurs figurants.

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Affamer les moins nantis

Ces derniers reprochent à la présidente de l’Union des artistes Sophie Prégent de fermer les yeux sur le recrutement de vrais agents, ce qui les prive d’un revenu décent.

Les comédiens souligneront que le revenu moyen des membres de l’UDA frise le seuil de pauvreté, soit 21 450 $, alors qu’un policier du SPVM, dès l’embauche, recevra deux fois plus, soit 44 094 $.

Pour définir les solutions, «il faut que l’UDA reconnaisse ses torts et identifie avec nous les vrais problèmes», laisse-t-il tomber sur un ton déterminé, estime le représentant des comédiens, François Côté.

Nos reportages ont d’ailleurs déjà conduit l’UDA à réagir.

Dans les jours qui ont suivi la parution des articles, le syndicat a dépêché deux émissaires sur le plateau de la série radio-canadienne District 31, au studio Mels, à Saint-Hubert, pour vérifier le statut des comédiens.

Ce type de visite, qui devrait être la règle, est toutefois qualifié d’exceptionnel par les acteurs, qui menacent de se mobiliser si jamais l’UDA et sa présidente continuent à «ignorer leurs doléances».

Étant donné la grogne et l’impatience de certains de ses collègues, M. Côté a dû inviter ces derniers à ne pas se présenter à l’UDA. Il s’agissait selon lui d’assurer un climat propice aux échanges.

«On ne veut pas que notre Union soit sur la défensive. On se présente avec une attitude d’ouverture. Mais nous entendons aborder toutes les facettes de ce casse-tête», explique le représentant des comédiens.

Les comédiens entendent porter à l’attention de Mme Prégent le cas du président de l’agence Police Action, Richard Champagne, qui agirait à la fois à titre d’agent d’acteurs et de comédien, ce qui va à l’encontre des règles de l’UDA.

Depuis la publication de notre enquête, M. Champagne a cessé de répondre à nos appels et le site internet de son agence est devenu inaccessible.

Message de Bérubé

Les comédiens ne manqueront pas de rappeler la position clairement exprimée au salon bleu de l’Assemblée nationale par le critique de l’opposition en matière de culture, Pascal Bérubé, qui s’est porté à leur défense.

M. Bérubé, dont la conjointe Annie-Soleil Proteau est animatrice et membre de l’UDA, avait déclaré: «À chacun son métier. Des acteurs pour les séries et les films. Des policiers pour la sécurité publique.»

«Les policiers ne manquent pas de travail, alors que nos comédiens et acteurs ont souvent besoin de ces revenus», renchérissait son collègue péquiste à la Sécurité publique, Stéphane Bergeron.

Du côté de l’UDA, la présidente Sophie Prégent n’était pas disponible pour nous parler. Son porte-parole, Pierre Blanchet, a fait valoir que la rencontre était d’ordre syndical et donc de nature confidentielle.

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