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Contrebande de tabac

«Les gros vendeurs agissent en paix»

Pierre-Paul Biron | Agence QMI 

La dame de 76 ans qui s’est vu remettre une amende de près de 300 000 $ par Revenu Québec pour son implication dans la contrebande de tabac en a contre le gouvernement qui, selon elle, «s’attaque aux petits, aux plus vulnérables, alors qu’il laisse les gros vendeurs agir en paix».

Ghislaine Perreault ne se défile pas des accusations qui pesaient contre elle. Elle a vendu des cigarettes de contrebande, mais assure qu’elle ne vendait plus lorsque les agents l’ont coincée avec 10 000 cigarettes, en octobre 2016.

«J’avais arrêté de fumer et arrêté de vendre. Je ne faisais que l’intermédiaire entre des acheteurs dans le bloc», se souvient la septuagénaire.

Revenu Québec indique toutefois que Mme Perreault s’est reconnue coupable d’avoir vendu une bonne quantité de cigarettes pendant deux ans.

«Ce n’est pas seulement pour la saisie, mais aussi parce qu’elle a reconnu écouler chaque mois, pendant deux ans, 20 000 cigarettes. La loi calcule l’impôt percevable par cigarette, donc multiplié par 480 000, dans ce cas-ci, ce qui nous donne une amende de 291 000 $», explique la porte-parole du ministère du Revenu, Geneviève Laurier.

S’attaquer aux mauvaises personnes

La dame se dit malgré tout ébranlée par l’amende. À son avis, de gros joueurs continuent d’agir en toute impunité, alors que des gens vulnérables reçoivent le gros des conséquences.

«J’ai l’impression qu’ils ne s’attaquent pas aux bonnes personnes. Ils n’ont rien fait au fournisseur. Ils savent c’est qui, mais n’ont jamais pu le coincer. Pourquoi?» questionne la dame qui a beaucoup perdu dans sa mésaventure.

«J’admets que j’ai couru après et je connaissais les risques. Mais à mon âge, 300 000 $ d’amende, ce n’est pas drôle. J’ai perdu mon loyer à prix modique. Ils m’ont jetée dehors. Je vis avec ma pension et ils vont me la couper pour se payer», raconte-t-elle, un sanglot dans la voix, attablée dans son appartement du quartier Limoilou.

Marquée à vie

Mme Perreault dit aussi vivre beaucoup de stress depuis que les policiers se sont présentés chez elle dans la nuit du 16 octobre 2016 pour saisir le tabac. Ces souvenirs brutaux sont pour elle une autre sentence avec laquelle elle doit vivre au quotidien.

«Je ne dors plus. Dès qu’il approche 0 h 30 [l’heure où les policiers sont débarqués chez elle], je deviens extrêmement nerveuse. J’ai peur d’entendre encore le “bing! bang!” que ç’a fait quand les sept ou huit policiers sont entrés et qu’ils ont fouillé partout», laisse tomber la dame, épuisée de toute cette histoire.

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