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Palais de justice de Joliette

Pas de casier pour un joueur de hockey qui a assommé un adversaire

Geneviève Quessy | Agence QMI

Courtoisie, Geneviève Quessy

L'ex-joueur de hockey du Blizzard responsable de la commotion cérébrale et de la double fracture de la mâchoire d'un adversaire n'aura pas de casier judiciaire.

Philippe Mailhot, ex-joueur de hockey du Blizzard de Saint-Gabriel-de-Brandon, dans Lanaudière, bénéficiera d'une absolution conditionnelle, a tranché mercredi le juge Bruno Leclerc au palais de justice de Joliette. Mailhot est toutefois condamné à trois ans de probation et à 240 heures de travaux communautaires, en plus de devoir verser 4000 $ à un organisme de charité.

Lors d'un match opposant leurs équipes respectives, le 14 mars 2015, le hockeyeur de 39 ans a violemment agressé le défenseur Louis-Étienne Leblanc, 30 ans, du BigFoot de Saint-Léonard-d'Aston.

Quelques minutes auparavant, dans les vestiaires, les joueurs du Blizzard avaient discuté d'une stratégie visant à provoquer une bagarre générale. Leur plan était de s'attaquer à certains joueurs clés du BigFoot, dont la victime, Louis-Étienne Leblanc.

Alors que Leblanc s'apprêtait à quitter la patinoire pour rejoindre le banc des joueurs, Philippe Mailhot l'a attaqué et l'a frappé plusieurs fois à la tête, tant et si bien que sa victime a subi une double fracture de la mâchoire et une commotion cérébrale.

«Des coups d'une telle violence, portés par un ancien champion national de boxe, ne pouvaient qu'avoir de graves conséquences», a observé le juge, déplorant le caractère sournois et prémédité du geste.

D'abord accusé de voies de fait graves, Philippe Mailhot a plaidé coupable à une accusation réduite de voies de fait causant des lésions corporelles. Ses remords sincères et le fait qu'il reconnaisse la gravité et la disproportion de ses gestes ont convaincu le tribunal qu'il ne présente aucun risque de récidive.

Bien que le tribunal souhaite faire savoir clairement «qu'une telle violence est inacceptable», le juge a estimé qu'un casier judiciaire aurait de trop graves répercussions sur la vie de l'accusé.

«L'accusé n'a pas à payer pour la stupidité d'une ligue et des spectateurs qui demandent de la violence à leurs joueurs. Il vit déjà dans la honte de son geste et vivra le restant de sa vie avec le souvenir [d'avoir] gâché la vie d'une autre personne.»

Un autre joueur du Blizzard, Kevin Talbot, avait plaidé coupable à une accusation d'agression armée pour avoir frappé Louis-Étienne Leblanc avec son bâton de hockey durant la même bagarre. Il avait obtenu en 2016 une absolution conditionnelle assortie d'une probation de deux ans et de l'obligation de verser 2000 $ au Centre d'aide aux victimes d'actes criminels.