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Une fillette défigurée

Le propriétaire du pitbull coupable de négligence criminelle

Claudia Berthiaume | Agence QMI 

Le propriétaire du pitbull ayant défiguré une fillette de sept ans à Brossard vient d’être déclaré coupable de négligence criminelle ayant causé des lésions. Une première au Québec, au terme d’un procès.

Karim Jean-Gilles, 35 ans, a accueilli le verdict du juge Pierre Bélisle sans broncher.

Le procès du propriétaire du pitbull ayant mordu la petite Vanessa Biron au visage s’était tenu en début de semaine au palais de justice de Longueuil.

« L’accusé est une personne irresponsable, qui se moque éperdument de la loi. Il était conscient du danger et n’a rien fait pour l’écarter », a déclaré le juge Bélisle.

Première

C’est la première fois au Québec qu’un propriétaire de chien est déclaré coupable d’une telle accusation, à l’issue d’un procès. Il y a bien eu quelques rares précédents, mais les inculpés ont préféré plaider coupable.

Les faits de cette affaire remontent au 20 septembre 2015, alors que l’enfant de sept ans se trouvait au parc Marquise de Brossard avec sa mère et sa sœur cadette.

La mère de 70 ans de Karim Jean-Gilles s’y trouvait également avec le pitbull et le bullmastiff de son fils. Les deux chiens n’avaient ni laisses ni colliers.

À peine quelques minutes après l’arrivée de la famille au parc, le pitbull Ashes s’est rué sur la petite Vanessa, la projetant au sol, pendant que le bullmastiff Jordan tournait autour d’eux en jappant et grognant agressivement. La mère de M. Jean-Gilles a tenté de mettre fin à l’attaque en frappant le chien avec une branche, en vain.

Incontrôlable, le pitbull a mordu l’enfant au visage et l’a traînée sur une distance d’au moins trois mètres.

Bouclier humain

La mère de Vanessa s’est alors jetée sur son enfant en guise de bouclier humain pour la protéger.

« Ça a été très traumatisant pour moi. J’essayais de protéger ma plus vieille et je ne savais pas où était ma plus jeune », a raconté en sanglotant Magdalena Biron lundi.

La violente agression a cessé lorsque Karim Jean-Gilles s’est présenté au parc et a agrippé son pitbull par les pattes pour le ramener chez lui.

La petite Vanessa a gardé de nombreuses séquelles physiques et psychologiques de l’attaque et elle a dû consulter plusieurs spécialistes pendant des années.

Mardi, la procureure de la Couronne a plaidé au juge Bélisle que Karim Jean-Gilles a été négligent, même s’il n’était pas présent au parc lors de l’attaque.

Il connaissait le potentiel de dangerosité de ses bêtes et savait que celles-ci pouvait s’échapper de sa cour arrière, qui n’était pas entièrement clôturée, a fait valoir Me Claudie Gilbert.

M. Jean-Gilles n’a rien fait pour éviter qu’un tel événement se produise, a soutenu la procureure.

Faute de l’enfant

Quant à l’accusé, qui se représentait seul, a soutenu que ses chiens n’avaient mordu personne auparavant, à l’exception d’un chien du voisinage.

L’homme de 35 ans a même laissé sous-entendre que l’enfant aurait pu provoquer son pitbull, ce qui avait choqué les parents de Vanessa.

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