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Étude de l'Institut universitaire de santé Douglas

Alzheimer: des risques élevés si les parents ont été touchés

TVA Nouvelles

Si vous craignez d'être frappé par la maladie d'Alzheimer, ça se comprend: plus de 141 000 personnes sont touchées par cette maladie au Québec.

Et ce nombre pourrait dépasser les 230 000 d'ici seulement 15 ans à cause du vieillissement de la population.

Une nouvelle étude révèle que le risque augmente davantage si votre père ou votre mère en a été atteint.

C’est le cas de Marguerite Vincent: sa mère est décédée à 89 ans après avoir souffert de la maladie d'Alzheimer. Ce qu’elle redoute le plus est l’isolement, confie-t-elle.

Elle participe aux recherches menées à l'Institut universitaire de santé Douglas de Montréal. Des personnes qui n'ont pas l'Alzheimer, mais dont les parents ont été affectés, se soumettent à des examens dans l'espoir que la maladie soit détectée de façon précoce.

Les chercheurs de l'Institut Douglas ont participé à cette nouvelle étude publiée dans la prestigieuse revue scientifique «Journal of the American Medical Association» (JAMA).

«Plus vous êtes proche de l'âge où votre parent a développé la maladie, plus vous êtes à risque d'avoir la maladie dans votre cerveau, indique Sylvia Villeneuve, chercheuse à Douglas. Si vous avez dans votre famille des gens qui ont l'Alzheimer, alors votre génétique est importante.»

«Avoir un parent qui a la maladie augmente votre risque de 100%, voire de 100 à 150%», précise le Dr Judes Poirier, directeur de la recherche sur l’Alzheimer à Douglas.

Plus de femmes touchées

Les femmes sont plus touchées que les hommes, mais on ignore la cause. Une centaine de participants de l'étude à Montréal ont d'abord subi une ponction lombaire.

«Dans la ponction lombaire, grâce au liquide céphalo-rachidien, ça nous permet de savoir un peu ce qui se passe dans le cerveau, puis ça nous a permis d'aller voir justement si une personne avait dans son cerveau de l'amyloïde ou non», explique Sylvia Villeneuve.

Des plaques d'amyloïdes visibles à l'imagerie médicale peuvent se former entre les neurones et provoquer des pertes cognitives.

«En fait, c'est signe que cette personne-là, dans son cerveau, elle a des plaques amyloïdes, poursuit Mme Villeneuve en montrant le rouge sur son écran. Il y a 30% des gens cognitivement normaux de 65 ans et plus qui ont ces plaques-là dans leur cerveau, qui marchent dans la rue, qui ont ça, qui n’ont aucun signe cognitif.»

Elles pourront être touchées par l'Alzheimer après une progression qui peut durer au total deux décennies.

«On a une fenêtre d'environ 20 ans pour essayer de ralentir ou de stopper la maladie», avance la chercheuse.

Les équipes de recherche aimeraient découvrir un médicament afin de ralentir la maladie et rassurer de nombreuses familles.

Deux universités américaines ayant participé à l'étude arrivent aux mêmes conclusions que les chercheurs de Douglas.

Quant à Marguerite Vincent, elle a bon espoir que, «dans les années futures, ça va se régler».

-D’après un reportage d’Harold Gagné

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