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Bas-Saint-Laurent

Un agent immobilier banni à vie pour avoir séquestré une rivale

Stéphanie Gendron | Journal de Montréal

Un agent immobilier du Bas-Saint-Laurent a été banni à vie pour avoir piégé, séquestré et menacé une représentante d’un compétiteur, parce qu’il tient l’entreprise responsable des pertes de clients qu’il subit depuis plusieurs années.

Yvan Dubé a vu rouge quand il a reçu un dépliant d’une autre entreprise, dont on doit taire le nom pour préserver l’anonymat de la victime, dans la boite aux lettres de sa maison qu’il tentait de vendre depuis un an.

Il a échafaudé un plan pour passer ses frustrations. Le courtier s’est inventé une identité et a fait venir une représentante de son compétiteur à sa résidence en décembre dernier, prétendant qu’il voulait vendre sa maison par le biais de cette entreprise.

À son arrivée, «il verrouille immédiatement la porte derrière elle et la force à s’asseoir sur une chaise (...) et adopte un comportement hostile. Il lui tient des propos insultants et menaçants, l’empêche de quitter la maison et en profite même pour prendre des photos d’elle», peut-on lire dans un compte rendu du comité de discipline de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ).

La représentante a réussi à s’enfuir durant un moment de distraction de l’agent immobilier, avant d’appeler une collègue de travail, puis les policiers, qui sont allés la chercher dans une station-service. Depuis, elle est en arrêt de travail et dit se cloître dans sa résidence de crainte de revivre une situation semblable.

«Punching bag»

Le courtier a plaidé coupable aux infractions reprochées soit avoir «séquestré, menacé et intimidé une représentante (...) dans un immeuble en vente dont il est le propriétaire et où il l’avait attirée dans un subterfuge», commettant une infraction à l’article 69 du Règlement sur les conditions d’exercice d’une opération de courtage. Selon Caroline Champagne de l’OACIQ, il n’y aurait probablement jamais eu d’autres cas semblables.

Lors de l’audition, l’homme a dit qu’il regrettait ses gestes et a expliqué son comportement en «blâmant (l’entreprise) pour les nombreuses pertes de clients qu’il subit dans sa région depuis plusieurs années», écrit-on.

Il disait recevoir continuellement par la poste des dépliants du compétiteur et que celui reçu en décembre 2017 a été la goutte qui a fait déborder le vase.

Lorsqu’on lui a demandé ce qu’il allait faire pour éviter la répétition de ces malheureux événements, il a répondu : «J’achèterai un “punching bag”, ça m’aidera à passer mes frustrations.»

Son comité de discipline a ordonné la suspension permanente de son permis de courtier immobilier. Il a jusqu’au 12 mars pour aller en appel.

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