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Manque de lits

L’urgence de l’hôpital Pierre-Le Gardeur déborde

TVA Nouvelles

Bien qu’ils soient en légère baisse cette semaine au Québec, les cas de grippe demeurent cependant très élevés.

À Terrebonne, l'urgence de l'hôpital Pierre-Le Gardeur atteint presque le double de sa capacité.

Une patiente de 87 ans ne voulait pas s’y présenter, mais elle a dû s'y résigner: «Parce que j'ai des problèmes de poumons et de coeur. Je ne sais pas si j'ai eu la grippe. C'est peut-être ça qui a commencé. Je ne sais pas», raconte Huguette Lacroix.

Assis près de l’octogénaire, un homme est atteint d'Alzheimer. Paul Bouchard, également âgé de 87 ans, a fait une chute, nous explique son fils.

«C’est peut-être une légère fracture, on va voir avec le scan qu'ils ont donné, relate Gaétan Bouchard. Alors, on attend les résultats et après ça, c'est le processus qui commence avec les services sociaux, peut-être à savoir le changer d'endroit.»

M. Bouchard devrait rester jusqu'à 13 heures aux urgences, soit le temps moyen d'occupation d'une civière, avant de trouver un lit sur les étages. Mais il faudra d'abord libérer un des 380 lits de l'hôpital, dont plusieurs sont occupés par des patients qui auraient dû obtenir leur congé depuis quelques jours.

32 patients attendent une place

Actuellement, à l'hôpital Pierre-Le Gardeur, 32 patients sont en attente d'une place en CHSLD, en réadaptation ou en convalescence.

Richard Gratton est dans cette situation. «Ça fait 20 ans qu'il a un cancer du cerveau, mais là, il est revenu, le cancer, témoigne son épouse, Ginette Gratton. Et il a le cancer de la prostate aussi.»

Il est arrivé à l'hôpital il y a 12 jours pour une évaluation. «Il faut qu'ils sortent Richard d'ici, mais là, je ne sais pas où il va aller. Il va aller à Rawdon? À Terrebonne? À Repentigny? Je ne le sais pas», dit-elle.

Si les 32 patients comme M. Gratton étaient à la bonne place, les urgences ne déborderaient pas.

«Trente-deux personnes qui n'ont pas besoin de l'hôpital sur une occupation de 62 à l'hôpital, ça me ramène l'urgence à 32 personnes grosso modo aujourd'hui, note Philippe Éthier, directeur adjoint des services professionnels du CISSS de Lanaudière. Il y a effectivement de la location, de l'achat de place dans des résidences privées ou des résidences semi-privées. Beaucoup d'investissement au niveau du soutien à domicile.»

Des efforts ont été faits pour améliorer la situation, ce qui a fait passer le temps d'attente sur civière aux urgences de 27 à 13 heures en trois ans, mais ce n'est pas suffisant, étant donné les demandes de soins qui augmentent et le vieillissement de la population. D'ici cinq ans, 150 lits supplémentaires devraient être ajoutés.

«Hier, il y a eu une infirmière qui était tellement dévouée, ça n'avait pas de sens, relève Thérèse Boulay, l’amie d’un patient. Elle est partie d'ici brûlée. Moi, pour avoir fait ce travail-là dans le passé, je peux vous dire, monsieur, que c'est épouvantable. Je ne peux pas croire qu'on laisse encore du monde dans les corridors», se désole-t-elle.

-D’après un reportage d’Harold Gagné

 

 

 

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