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Sentence

Il a tué une femme en conduisant malgré un trouble de la vision

Claudia Berthiaume | Agence QMI

JOEL LEMAY/ 24 HEURES/ AGENCE QMI

Un automobiliste qui s'entêtait à conduire malgré un important problème de vision a été condamné à la prison, mercredi, pour avoir happé mortellement une piétonne.

Patrick Maloney a appris à la dure que «conduire est un privilège et non un droit».

«J’ose espérer que vous ne conduirez plus avec une condition médicale qui met en danger la sécurité des autres», a insisté la juge Magali Lepage, en condamnant l’accusé à deux ans moins un jour de prison.

Le résident de Longueuil était une véritable «bombe à retardement au volant de son véhicule», a illustré la procureure de la Couronne, Me Maryse Trudel.

L’homme de 49 ans savait qu’il souffrait de rétinite pigmentaire, une maladie dégénérative affectant la vision périphérique. Il ne voit que ce qui se trouve devant lui, comme s’il était dans un tunnel.

Il avait omis de divulguer cette information à la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ) parce qu’il ne voulait pas «se jeter dans la gueule du loup», lit-on dans le résumé des faits déposé au palais de justice de Longueuil.

«C’est une situation triste qui s’est produite, dont vous êtes responsable, parce que vous avez été négligent face à un problème de santé que vous aviez beaucoup de mal à accepter», a soutenu la juge Lepage mercredi.

Billet de loterie

Le 6 juin 2012, Patrick Maloney a happé mortellement Johanne St-Pierre, alors qu’elle traversait le boulevard Vauquelin, à l’angle du chemin Chambly, à Saint-Hubert.

D’après ses sœurs Lise et Martine St-Pierre, la femme de 54 ans résidait tout près depuis un an et elle craignait de traverser cette intersection achalandée.

«Elle s’en allait au dépanneur faire valider un billet de loterie gagnant. Elle n’aura jamais eu la chance de le faire», ont-elles indiqué au «Journal de Montréal» mercredi.

Maloney a fui la scène de la collision, mais il a été suivi jusque chez lui par un témoin qui a appelé les policiers. Il a d’abord prétendu ne jamais avoir vu la victime pour ensuite avouer qu’il avait quitté les lieux en panique.

Délit de fuite

En septembre dernier, plus de cinq ans après la mort de Mme St-Pierre, l’accusé a plaidé coupable à des chefs de négligence criminelle ayant causé la mort et délit de fuite mortel.

Maloney n’a plus de permis de conduire et il n’a pas l’intention de reprendre le volant à sa sortie de prison, a dit son avocate, Me Sophie Cléroux.

La famille de Mme St-Pierre espère que l’incarcération fera réfléchir l’accusé, mais aussi tous les autres conducteurs. «Il faut que les gens soient conscients de leurs capacités. S’ils ont peur de passer un test [à la SAAQ], c’est peut-être qu’il y a un problème», ont souligné Line et Martine St-Pierre.

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