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200 emplois menacés

Québec veut sauver l'usine GE Power

Francis Halin

 - Agence QMI

Photo Francis Halin

Québec est prêt à mettre de l’argent public dans l’usine GE Power de La Prairie pour éviter que les 200 travailleurs perdent leur emploi le 1er juillet, a appris Le Journal de Montréal.

«Il faut qu’il y ait un projet porteur. Ce n’est pas simplement mettre de l’argent pour mettre de l’argent», indique au Journal la vice-première ministre Dominique Anglade, après une rencontre à ses bureaux montréalais mardi avec les syndiqués de l’usine, le député du coin Richard Merlini et le maire de La Prairie, Donat Serres.

Fin novembre dernier, GE Power a dit qu’elle fermait son usine de La Prairie datant de l’époque de la création d’Hydro-Québec, entraînant la perte de 200 emplois. Hydro-Québec est le principal client de l’usine. Elle lui a octroyé plus de 228 millions $ en contrats ces cinq dernières années.

Garder l’expertise

La numéro 2 du gouvernement Couillard étudie tous les scénarios, dont celui d’aider financièrement un groupe souhaitant acheter l’usine. Mme Anglade se dit ouverte à tout projet qui pourrait maintenir les emplois et l’expertise québécoise chez nous.

Elle veut en discuter avec son collègue Pierre Moreau, ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, parce qu’Hydro-Québec est le premier client de l’usine. Joint par Le Journal, Hydro a dit ne pas être au courant de la rencontre de mardi.

Les installations de La Prairie piquent déjà la curiosité des investisseurs. Un acheteur est allé visiter l’usine, mardi, selon le maire de La Prairie. «Il y a des gens qui sont allés visiter l’usine, mardi, mais on leur a dit que ce n’était pas à vendre encore», souligne M. Serres.

Le président du Syndicat national des travailleurs en accessoires électriques, Hugues Rolland, affirme que plusieurs personnes veulent mettre la main sur l’usine. M. Rolland aimerait toutefois que ce soit la société d’État qui l’achète. «Hydro-Québec serait un excellent candidat», laisse-t-il tomber.

Réactions partagées

Mardi, en journée, les travailleurs de l’usine accrochés dans le stationnement étaient peu bavards, mais André St-James avait, lui, un message à lancer.

«Il y a une affaire qui me dégoûte au Québec. On paye Hydro-Québec. Ça fait 38 ans que je travaille ici avec eux. On a tout le temps négocié avec eux. C’est drôle, depuis que GE Power est dans le portrait on dirait qu’Hydro a baissé les bras», a-t-il lancé.

Le fileur électrique André Miller était quant à lui bien plus optimiste. L’arrivée d’un éventuel acheteur suscitait chez lui l’espoir. «Ça pourrait être une avenue possible», a-t-il conclu avant de rependre le chemin de l’usine d’un bon pas.

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