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Surtaxe «Trump» sur l’aluminium

«Encore une mauvaise décision» déplore Couillard

Marc-André Gagnon | Agence QMI

Si jamais il s’avère que la surtaxe douanière annoncée jeudi par Donald Trump s’applique aussi à l'aluminium canadien, les conséquences seront autant, sinon pires pour les américains, prévient le premier ministre Philippe Couilard.

Devant les producteurs d’aluminium et d’acier réunis à la Maison-Blanche, jeudi, le président Trump a fait savoir qu’il procédera, dès la semaine prochaine, à la signature d’un décret imposant des tarifs douaniers de 10 % sur l’aluminium et de 25 % sur l’acier provenant de l’étranger.

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«Nos industries de l’acier et de l’aluminium (et bien d’autres) ont été décimées par des décennies de commerce inéquitable et une mauvaise politique avec des pays à travers le monde», a confirmé le président américain via son fil Twitter, pendant que Philippe Couillard visitait les installations d’une microbrasserie de la région de Québec.

«C’est encore une mauvaise décision, une décision mal avisée des Américains et qui va les blesser aux, au moins sinon plus que nous», a réagi le premier ministre du Québec, lors d’une mêlée de presse.

«Nocif pour l’économie américaine»

Pour l’heure, la Maison-Blanche s’est gardée de préciser quels pays seront visés par ces nouveaux droits compensatoires. La très grande majorité de la production canadienne d’aluminium est actuellement exportée aux États-Unis.

Comme ce fut le cas avec le bois d’œuvre, où les Américains se sont retrouvés à payer plus cher pour se procurer la matière première, ou encore avec le secteur de l’aviation, où le protectionnisme de Boeing a fait en sorte de favoriser un de ses concurrents, une surtaxe sur l’aluminium canadien aura un effet «nocif pour l’économie américaine», notamment pour l’industrie de la défense, prévient M. Couillard.

«Il n’y a presque pas de production aux États-Unis, a rappelé M. Couillard. Le problème du marché de l’aluminium, ce n’est pas le Québec, le Canada : c’est la Chine. Donc on ne s’adresse pas au véritable enjeu.»

Des cannettes québécoises?

De passage à la microbrasserie La Souche, à Stoneham, le premier ministre a par ailleurs été étonné d’apprendre que les microbrasseries québécoises doivent actuellement se tourner vers les États-Unis pour s’approvisionner en canettes d’aluminium, une solution qui est en principe, plus verte et moins couteuse que l'embouteillage.

M. Couillard s’est montré intéressé à étudier la possibilité de faciliter la mise en place, au Québec, d’une usine qui fabriquerait, ici, des canettes faites d’aluminium québécois.

«Il y a un projet de transformation qui m’intéresse au moins à explorer», a dit le premier ministre.

«On produit de l’aluminium au Québec; on l’envoie aux États-Unis; ils font des canettes, puis ils les revendent [à nos microbrasseurs], mais il faut qu’ils achètent un minimum de 30 000 $ environ, a exposé M. Couillard. [...] Je trouve que c’est un bel exemple d’une situation où on aimerait voir plus de transformation chez nous, plutôt qu’envoyer le métal primaire ailleurs.»

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