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Près des habitations

Inspection urgente des puits de gaz abandonnés exigée

Anne Caroline Desplanques | Agence QMI 

Les partis d’opposition réclament une inspection immédiate des puits de gaz abandonnés sans surveillance près des habitations, car ils craignent que des fuites non détectées mettent en danger la population.

«C’est complètement inacceptable! Ça prend une inspection immédiate», presse le député de la Coalition avenir Québec Mathieu Lemay. «C’est indigne d’un gouvernement», renchérit Manon Massé, de Québec solidaire.

Hier, «Le Journal de Montréal» indiquait que quatre puits de gaz étaient abandonnés en zone densément peuplée sur l’île de Montréal depuis des décennies et n’avaient jamais été inspectés par le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles (MERN), qui en a la responsabilité.

«Des puits abandonnés en zone habitée et densifiée, ça pose un sacré problème de sécurité», estime Mme Massé. «Si on ne fait pas d’inspection, on ne peut pas savoir s’il y a des fuites. Or, si c’est le cas, il y a des risques pour la sécurité», renchérit M. Lemay.

Pas assez d’inspecteurs

«Ce sont quatre puits abandonnés sur des centaines d’autres pour lesquels le ministre n’agit pas avec diligence, c’est sa responsabilité», tonne Sylvain Rochon, du Parti québécois.

Plus de 950 puits pétroliers ou gaziers ont été forés au Québec depuis 1860. Quelque 700 ont été abandonnés au fil des ans.

Pour M. Rochon, le gouvernement ne consacre pas assez de ressources humaines et financières à la surveillance de ces structures vieillissantes. M. Lemay soupçonne plutôt «la lourdeur bureaucratique» de confiner les inspecteurs dans les bureaux plutôt que sur le terrain.

En commission parlementaire, en novembre 2016, la sous-ministre associée à l’Énergie, Luce Asselin, avouait que son ministère devait « élargir [ses] capacités d’inspection ». Elle comptait alors sur le soutien d’étudiants pour obtenir « du renfort », disait-elle.

Manque de transparence

Selon Mme Massé, le gouvernement a les moyens d’inspecter, mais choisit de ne pas le faire, car il ne veut pas nuire à la poursuite de l’exploitation des hydrocarbures comme le prévoit la loi 106, adoptée sous le bâillon l’an dernier.

Cette loi ouvre la porte à la fracturation hydraulique et à l’expropriation de terrains par les compagnies extractives.

M. Rochon rappelle que le MERN a en main un rapport qui compile des informations sur plus d’une centaine de puits, rapport qu’il a commandé à l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique et qui a été réalisé avec le soutien de citoyens chasseurs de puits.

Le document n’a jamais été rendu public et l’entente avec les citoyens a été annulée sans justification, souligne le député péquiste.

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