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Violence sexuelle

Le mouvement #moiaussi provoque une hausse marquée des dénonciations à la police

Pascal Dugas Bourdon

 - Agence QMI

STOCKQMI-POLICE

JOEL LEMAY/24H MONTREAL/AGENCE QMI

Le nombre de dénonciations pour violence sexuelle adressées aux corps policiers québécois a connu une hausse marquée depuis l’avènement du mouvement #moiaussi, en octobre.

Une demande d’accès à l’information faite à chacun des six plus importants corps policiers du Québec a permis de constater que le phénomène a touché l’ensemble du territoire.

À Montréal, le nombre de dénonciations pour violence sexuelle dans le secteur Est de la Ville a quadruplé au mois d’octobre (81) comparativement à la moyenne des neuf mois précédents de l’année (20).

À Québec, une moyenne de 37 plaintes a été enregistrée par le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) de janvier à septembre, mais cette moyenne grimpe de 50 % lors des trois derniers mois de 2017, pour s’établir à 57.

La tendance similaire à la Sûreté du Québec: le corps policier a reçu une moyenne mensuelle de 121 plaintes de nature sexuelle de janvier à septembre, mais ce nombre a grimpé à 199 à partir d’octobre.

Phénomène bien présent

Les services de police de Montréal et de Québec ont confirmé que le mouvement #moiaussi a bel et bien eu un effet sur le nombre de dénonciations.

«C’est sûr qu’il y a eu une augmentation [...], ce qui a mené à la création d’une ligne spéciale», a expliqué Darren Martin McMahon-Payette, porte-parole pour la police de Montréal.

Le corps policier a d’ailleurs mobilisé des ressources supplémentaires pour répondre à la hausse du nombre de dossiers à traiter. Depuis, le mouvement s’est atténué, a noté M. McMahon-Payette, si bien que le corps policier a fermé sa ligne spéciale.

À Québec, la police a observé la même situation que les autres. «Effectivement, le SPVQ a noté une hausse de dénonciation relativement aux crimes de violence sexuelle. Par contre, nos pratiques n’ont pas changé, même s’il y a eu une hausse [à partir d’octobre]», a souligné Étienne Doyon, porte-parole du SPVQ.

Effet toujours ressenti

Au Regroupement québécois des centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (RQCALACS), on indique que la hausse des plaintes à la police est «représentative» de ce qui a été vécu dans les centres.

«Encore aujourd’hui, quand je parle aux CALACS un peu partout au Québec, on me dit être toujours débordé, non seulement pour de l’aide directe, mais aussi pour des activités de sensibilisation», a indiqué la porte-parole du RQCALACS, Stéphanie Tremblay.

«C’est certain que les événements dont on a été témoins à l’automne ont eu un impact», a-t-elle ajouté.

Même si les CALACS ne recommandent pas systématiquement aux victimes d’aller porter plainte à la police, le regroupement se réjouit de voir certaines femmes avoir le courage de contacter les autorités.

«Ultimement, ce qu’on souhaite, c’est que plus d’agresseurs soient condamnés», a dit Mme Tremblay.

Le mouvement #moiaussi par corps policier

(évolution de la moyenne mensuelle, 2017)

Sûreté du Québec : De 121 (9 premiers mois) à 196 (octobre et novembre)

Police de Montréal (secteur est) : De 19,6 (9 premiers mois) à 81 (octobre)

Police de Québec : De 37,3 (9 premiers mois) à 56,7 (octobre, novembre, décembre)

Laval : 17 (9 premiers mois) à 34 (octobre)

Gatineau : De 258 (annuelle 2016) à 335 (annuelle 2017, jusqu’au 21 décembre)

Longueuil : Pas de différence significative

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