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Point de presse à Québec

Martine Ouellet répond à une question de son attachée politique

Patrick Bellerose | Agence QMI

Le «transparlementarisme» attire si peu les journalistes à Québec que la députée Martine Ouellet en a été réduite à répondre à une question d’une employée politique lors d’un récent point de presse à l’Assemblée nationale, ce qui est pourtant interdit.

Depuis qu’elle est devenue chef du Bloc québécois, Martine Ouellet tient régulièrement des points de presse à l’Assemblée nationale (où elle est également députée) afin de se prononcer sur des sujets qui concernent à la fois Québec et Ottawa. La députée de Vachon a nommé cette approche «transparlementarisme».

Mais les points de presse de la chef bloquiste ne font pas courir les journalistes sur la colline Parlementaire à Québec. Généralement, un ou deux correspondants parlementaires y assistent.

Parfois, comme le 8 décembre, Martine Ouellet s’adresse uniquement à la caméra, sans journalistes dans la pièce.

Question sur la langue

La députée n’est évidemment pas la première élue à convoquer une conférence de presse à laquelle aucun journaliste ne participe. L’ex-députée de Québec solidaire, Françoise David, s’est adressée plusieurs fois à la caméra devant une salle vide.

Mais le 22 février, la députée a tenu un point de presse à la salle Bernard-Lalonde pour dénoncer la demande faite au CRTC par l’organisme English Language Arts Network de consacrer 10 % du budget de Télé-Québec à du contenu anglophone.

Devant l’absence de journalistes dans la salle, l’attachée politique de la chef bloquiste, Nathaly Dufour, a lancé une question pour savoir si le refus du gouvernement Couillard «d’appliquer l’article 11 de la loi no 104 qui a été adoptée il y a 16 ans, qui fait du Québec un bilinguisme institutionnel, incite les anglophones à en demander toujours plus».

Or, seuls les journalistes accrédités sont autorisés à participer aux points de presse. L’échange a été enregistré dans les transcriptions de l’Assemblée nationale et la vidéo a été partagée sur la page Facebook de Martine Ouellet.

Erreur

Invitée à s’expliquer, Nathaly Dufour assure qu’elle a posé la question de sa propre initiative et que la chef bloquiste ne lui en avait pas donné la directive. «Je ne savais pas que je n’avais pas le droit», explique l’ex-présidente intérimaire d’Option nationale et ex-journaliste culturelle.

Après le point de presse, Martine Ouellet l’a avisée que les employés politiques ne devaient pas poser de questions durant les points de presse.

«Elle n’était pas super contente, mais elle a compris que je ne le savais pas», conclut Nathaly Dufour.

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