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Suboxone

Dépendance aux opioïdes : la méthadone n’est plus la seule option

TVA Nouvelles

La méthadone n’est plus la seule option dans le traitement de la dépendance aux opioïdes, selon une nouvelle recherche menée par des chercheurs du Centre de recherche CHUM et de l’Université de Colombie-Britannique.

En 2017, près de 4000 Canadiens sont morts d’une surdose d’opioïdes. La crise des opioïdes, touche à la fois le Canada et les États-Unis, est alimentée tant par la prescription excessive des médecins que par l’arrivée d'opioïdes synthétiques très puissants sur le marché noir, comme le fentanyl fabriqué illégalement.

Selon cette nouvelle recherche, au lieu de traiter la dépendance à ces substances par la méthadone, qui a prouvé ses effets avec l’héroïne, les médecins devraient plutôt se tourner vers la «buprénorphone et naloxone», connue sous la marque de commerce Suboxone.

« Grâce à ce médicament, les gens se sentent mieux, ils ne se sentent pas en manque, et ils peuvent recommencer à organiser leur vie. Ce sont souvent des gens qui sont désorganisés, qui n’ont pas de travail et qui n’ont pas d’études », explique Julie Bruneau, M.D., M.Sc., première auteure, directrice du groupe pancanadien ayant développé les lignes directrices et médecin au Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM).

CMAJ

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En 2016, le taux de décès liés aux opioïdes au Canada était de 7,9 pour 100 000 (un total de 2861 décès), un nombre qui ne cesse d'augmenter.

Contrairement à certaines croyances, les gens qui développent une dépendance aux opioïdes ne sont pas nécessairement des consommateurs d’expérience de «drogues dures».

«Environ 3 à 5% de la population qui se fait prescrire des opioïdes par le médecin développe une dépendance. Si on exclut les personnes qui ont des antécédents de toxicomanie, de dépendance à l’alcool ou à la cocaïne, le pourcentage baisse à moins de 1%», explique Manon Choinière, docteure en psychologie.

Pour ce qui est des toxicomanes, si les opioïdes sont consommés à des fins récréatives, Mme Choinière précise que plusieurs d’entre-deux souffrent également de douleurs chroniques.

«On est en train de faire une étude présentement auprès d’une population de toxicomanes, et c’est environ 40% des personnes toxicomanes qui ont des problèmes de douleurs chroniques. Par exemple, à force de s’injecter toujours à la même place, ils ont causé des lésions à des nerfs, et développé des problèmes de douleurs neuropathiques», précise l’experte.

Par ailleurs, ces toxicomanes qui auraient besoin de traitement contre la douleur vont souvent se faire refuser toute prescription par les voies légales, et se tournent donc vers la rue.

Le médicament peut aussi aider des patients qui deviennent dépendants aux opioides après en avoir pris pour chasser la douleur, sur recommandation de leur médecin.

C'est le cas de Céline Charbonneau qui a réussi par elle-même à se passer d'opioides, qu'elle s'est fait prescrire pendant dix ans pour faire diminuer la douleur de son arthrite chronique.

«Si je n'avais pas pu utiliser cette médication-là, je n'aurais pas pu continuer à travailler», explique-t-elle.

Recommandations principales de l’étude:

• Commencer le traitement par agoniste opioïde (TAO) avec la buprénorphine-naloxone chaque fois que possible afin de réduire le risque de toxicité, de maladie et de décès.

• Dans le cas où la buprénorphine-naloxone est peu ou partiellement efficace, envisager une transition vers un traitement avec la méthadone.

• Commencer un TAO avec de la méthadone lorsque la buprénorphine-naloxone n'est pas l'option de choix.

• Chez les personnes qui réagissent bien à la méthadone et qui veulent un traitement plus simple, envisager une transition vers la buprénorphine-naloxone.

• Chez les patients qui ne répondent pas aux traitements ci-dessus, envisager la morphine orale à libération lente, prescrite en doses quotidiennes à prise supervisée.

• Pour réduire le risque de rechute et de décès, éviter la prise en charge du sevrage isolément, sans transition vers un traitement à long terme.

 

 

 

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