/news/currentevents

Saguenay-Lac-Saint-Jean

Une longue enquête sur un réseau très étendu de braconnage

TVA Nouvelles

Les agents de protection de la faune ont travaillé pendant près de deux ans pour réussir à coincer un réseau de braconniers du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui violaient des quotas de pêche.

Dans le cadre de l’«Opération marée montante», les services de protection de la faune ont épinglé plus de 80 personnes, selon le dernier bilan, qui effectuaient de la pêche, de la vente et des achats illégaux de poissons au Saguenay.

On avait affaire à d'«habiles pêcheurs» qui réussissaient à prendre des «quantités assez impressionnantes de poisson chaque jour», a résumé le commandant Réjean Rioux, directeur général de la Protection de la faune, en entrevue a l’émission «Le 9 heures».

Les pêcheurs et revendeurs opéraient dans les secteurs de La Baie et de Saint-Fulgence.

«Ça rapportait quand même plusieurs dollars : à 5 $ la douzaine, quand on en a capturé quelques centaines par jour et que c’est tout mis en marché, ça finit par faire des revenus intéressants.»

Il a fallu aux enquêteurs près de deux ans pour coincer tous les membres du réseau qui s’est avéré particulièrement étendu. Leur travail a aussi pris plus de temps, car il s’agit d’une activité saisonnière.

«On voulait s’assurer de rejoindre toutes les ramifications du réseau, a expliqué le commandant Rioux. On s’est aperçu lors de nos surveillances qu’il y avait plus d’une cellule qui était active.»

Les revendeurs avaient même monté un système de référence, dans lequel ils s’échangeaient les acheteurs quand ils n’avaient plus de poissons à vendre.

«Le réseau était tellement étendu qu’on a eu besoin de plus d’une saison de pêche pour avoir le portrait global de la situation avant d’intervenir», mentionne le commandant.

Pression sur l’écosystème

Les braconniers pêchaient l'éperlan arc-en-ciel, un poisson comestible, mais aussi utilisé comme appât pour pêcher le poisson de fond. Il est toutefois interdit d’en posséder plus de 120 à la fois.

La surpêche de ce poisson a des conséquences hautement nuisibles sur la chaîne alimentaire.

«Ce n’est pas pour rien qu’il est réservé à la pêche sportive; il ne peut pas supporter une pression de pêche commerciale, précise Réjean Rioux. Si plus de 80 personnes font du commerce et ne respectent pas les limites, ça finit par ressembler à une pêche commerciale.»

Les amendes individuelles sont de 1825 $, et pourraient totaliser plus de 175 000 $.

Dans la même catégorie