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Université de Montréal

Des chercheurs d'ici étudient le passage à l'acte des pédophiles

Francis Pilon | Agence QMI

 - Agence QMI

Avec l'Internet qui faciliterait le passage à l'acte, des chercheurs estiment qu'il faut concentrer plus d'efforts dans la lutte aux pédophiles sur les plateformes de jeux en ligne, les réseaux sociaux et les forums.

Trois spécialistes de l’Université de Montréal se sont intéressés au moment où ces individus quittent le monde virtuel pour agresser des mineurs. Ils ont publié ce mois-ci leurs conclusions dans la revue «Agression and Violent Behavior».

«Les pédophiles abordent maintenant les jeunes sur des plateformes de jeux en ligne ou Facebook. C’est surtout là qu’on doit surveiller les enfants», a expliqué Francis Fortin, un spécialiste de la cyberpédophilie et professeur à l’Université de Montréal qui a participé à cette recherche.

«Ça fait 15 ans que j’étudie le sujet. Je peux vous dire d’emblée que ce n’est qu’une petite fraction des pédophiles qui consomment de la pornographie juvénile et qui passent à l’acte», a-t-il ajouté.

Quatre étapes avant l’agression

Les auteurs de l’article proposent quatre phases par lesquelles passent la plupart des pédophiles avant d’assouvir leurs fantasmes avec des enfants ou des adolescents «dans la vraie vie».

Ces individus explorent dans un premier temps la pornographie légale sur le web. Ensuite, ils commencent à chercher et à télécharger une panoplie de matériel pédopornographique.

Rendus à la troisième phase, les pédophiles se réunissent sur différents forums et échangent leur collection d’images. «Évidemment, ils ne suivent pas tous cette trajectoire linéaire, a affirmé M. Fortin. Mais c’est rendu à cette étape normalement qu'il se crée une banalisation de la pornographie juvénile et qu’ils se motivent entre eux à agresser des enfants.»

Le professeur en criminologie croit que les forums sur Internet permettent aux pédophiles de se «sentir normal» parce qu’ils retrouvent enfin des gens comme eux, contrairement à ce qu’ils vivent au quotidien dans la société qui rejette leurs mœurs.

Grâce au soutien de cette cybercommunauté et des photos d’agressions qu’ils partagent aussi entre eux, les pédophiles quittent finalement le monde virtuel pour assouvir leurs désirs avec des mineurs.

Internet facilite l’accès

Le chercheur a surtout remarqué qu’Internet a créé de nouvelles opportunités pour ces gens qui ont une sexualité déviante et qui souhaitent rencontrer des enfants facilement.

Francis Fortin assure avoir les outils légaux pour arrêter ces individus pour le moment, mais que la popularité du web caché (dark web) risque de compliquer son travail dans les prochaines années.

Chez les 18 à 65 ans au Québec, environ 97 000 personnes sont susceptibles d'avoir un «intérêt faible» à «très fort» pour avoir une relation sexuelle avec un enfant de moins de 12 ans, selon le chercheur.

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