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Hydro blâme la végétation

Exaspérés par 180 pannes d’électricité en trois ans

Pierre-Paul Biron | Agence QMI

Paul-Émile Nicol, Noella Goulet, Denis Nicol et Anne-Marie Lemieux n’en peuvent plus des coupures de courant incessantes.

Pierre-Paul Biron

Paul-Émile Nicol, Noella Goulet, Denis Nicol et Anne-Marie Lemieux n’en peuvent plus des coupures de courant incessantes.

Un couple de jeunes retraités de Saint-Philémon dans Chaudière-Appalaches croyait bien acheter la maison de ses rêves en 2014, mais après 180 pannes et coupures d’électricité en trois ans, le rêve tourne plutôt au cauchemar.

Anne-Marie Lemieux et Denis Nicol ont rénové de fond en comble leur charmante maison de la route 281 à Saint-Philémon pour venir y passer leur retraite.

Ils ont toutefois déchanté quand les problèmes électriques ont débuté à l’automne 2014, quelques mois après leur déménagement.

«On a commencé à les comptabiliser à partir de décembre. Trois ans plus tard, on est rendu à environ 180 coupures qu’on a pu observer», se désole le couple, qui pointe du doigt le parc éolien communautaire de Saint-Philémon. La mise en service des huit éoliennes correspond selon eux avec le début des problèmes. «Il y a des choses qui ne peuvent pas être des coïncidences», croient-ils, précisant que trois autres voisins vivent les mêmes problèmes. «On se sent comme des Gaulois.»

À bout de «se faire remplir»

Un des voisins du couple, Paul-Émile Nicol, habite sa maison de la route 281 depuis 71 ans et n’avait jamais eu de problèmes du genre. «Avant on comptait les pannes sur les doigts d’une main dans une année. Aujourd’hui on a de la misère à faire une semaine sans manquer de courant», affirme le septuagénaire qui en a assez de la situation.

À ce jour, les résidents touchés soutiennent que rien n’a changé, malgré deux lettres et plusieurs appels au service à la clientèle. Après trois ans, Mme Lemieux et M. Nicol se disent exaspérés «de se faire remplir» par Hydro-Québec.

«On nous a dit que ça pouvait être causé par des petites bêtes ou la végétation. C’est rire des gens. On arrive du quartier Maizerets à Québec où les écureuils sont gros comme des chats et ça n’a jamais causé de problèmes. Et ce n’est pas d’hier qu’il y a des arbres ici !», lance la femme.

Travaux d’élagage

De son côté, la société d’État assure que les problèmes des résidents de Saint-Philémon n’ont rien à voir avec la mise en service du parc éolien, qui est l’un des dix parcs de plus petite taille au Québec. En fait, les coupures seraient causées par les nombreux arbres qui se trouvent dans le secteur. Hydro-Québec indique que le dernier élagage dans le secteur datait de 2010.

«Rapidement, on a entrepris des opérations de déboisement et d’élagage dans les zones plus à risque, indique la porte-parole Geneviève Gourde, qui qualifie “d’inacceptable” le nombre de pannes. L’opération se terminera au cours de la prochaine année.»

La direction de Capstone Infrastructure indique quant à elle que les installations de son parc éolien subissent les mêmes pannes que les résidents. La compagnie précise toutefois que les problèmes de ce type relevaient d’Hydro-Québec et de son réseau.

Les pannes chez Anne-Marie Lemieux et Denis Nicol

Depuis le 24 décembre 2014:

179 pannes et coupures recensées

Moyenne de 4,7 pannes et coupures par mois

Parfois jusqu’à 10 coupures dans la même journée

De quelques secondes à plusieurs heures

Plus longue panne : 22 heures

12 coupures depuis le début de 2018

Le Parc éolien communautaire de Saint-Philémon

8 éoliennes

Capacité de 24 mégawatts

Promoteurs : Capstone Infrastructure et la MRC de Bellechasse

Projet d’environ 65 millions $.

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