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Acier et aluminium

Le Canada doit user de la guerre commerciale, dit Unifor

Agence France-Presse

Le premier syndicat canadien a encouragé mercredi le premier ministre Justin Trudeau à s'engager dans une guerre commerciale avec son voisin américain et à prendre des mesures de représailles si Donald Trump taxait les importations d'acier et d'aluminium.

«Je pense que nous n'avons pas d'autre choix» que de nous engager dans une guerre commerciale, a déclaré Jerry Dias, le président du syndicat Unifor, après une rencontre avec des responsables du cabinet de Justin Trudeau.

L'imposition de taxes à hauteur de 25% sur l'acier et de 10% pour l'aluminium canadiens à l'entrée aux États-Unis renchérirait, par exemple, le prix des automobiles assemblées dans les usines au Canada, a-t-il rappelé.

Cette menace de taxes, qui pourrait toutefois finalement épargner le Canada et le Mexique pour des raisons de sécurité intérieure des États-Unis comme l'a rappelé mercredi la Maison-Blanche, vient après plusieurs contentieux entre les deux voisins. Le Canada est le premier exportateur d'acier et d'aluminium aux États-Unis.

«Nous ne pouvons pas continuer à être perçus comme de gentils Canadiens assez c'est assez», a martelé Jerry Dias.

«Si nous ne ripostons pas, nous apparaîtrons incroyablement faibles et cela conduira à encore plus de taxes», a ajouté le patron du puissant syndicat Unifor.

Le syndicaliste a d'ailleurs estimé que les discussions sur la renégociation du marché de libre-échange nord-américain (ALENA) étaient un véritable jeu de dupes.

La septième session de renégociation bouclée lundi à Mexico était «une séance de chantage» avec la proposition «ridicule» du président Donald Trump qui a indiqué qu'il retirerait les taxes sur l'acier et l'aluminium en échange de concessions canadiennes et mexicaines dans le cadre de l'ALENA.

«Si le Canada se couche, il y aura bien d'autres (dossiers) sur lesquels nous capitulerons», a estimé Jerry Dias.

Les menaces américaines sur l'acier et l'aluminium suivent des taxes américaines «sur le bois de construction, le papier, l'aéronautique...», signe selon lui que «les États-Unis ne veulent pas d'un accord» de libre-échange.

«Nous devons avoir conscience que l'ALENA ne va nulle part et nous devons nous préparer à la vie après l'ALENA», a-t-il conclu.