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Domaine scientifique

Les préjugés sexistes minent la carrière des femmes fonctionnaires

Christopher Nardi

 - Agence QMI

Alors que le gouvernement Trudeau se dit le défendeur des intérêts des femmes sur toutes les tribunes, un sondage révèle que près d’une fonctionnaire fédérale dans le domaine scientifique sur deux croit que des préjugés sexistes ralentissent ou bloquent leur cheminement de carrière.

«Il existe des preuves et il règne une impression générale... que les politiques et les pratiques de recrutement et de gestion des personnes entravent la réalisation de progrès en matière de diversité et d’inclusion.»

C’est ce que révèle un nouveau sondage réalisé par le syndicat l’Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC) auprès de plus de 3000 de ses membres.

De plus, 27 % des femmes ont indiqué avoir l’impression que les hommes étaient favorisés lors du processus d’embauche pour des postes de direction.

Par exemple, on a remarqué que les hommes sont très souvent favorisés au moment où vient le temps de choisir un dirigeant lorsqu’on forme des équipes de chercheurs et de scientifiques, note la responsable du sondage, Susan O’Donnell.

Une analyse plus approfondie des embauches dans les postes de direction dans le département des Ressources naturelles a révélé que lorsque le sexe des candidats est connu, les hommes sont plus souvent embauchés.

«Trop souvent, les candidates ne satisfont pas aux exigences de qualification en raison d’une interruption d’emploi pour des responsabilités familiales et de garde de personnes à charge», détaille le rapport du sondage.

Dans plusieurs cas, on craint que la personne ne soit pas complètement au fait des nouveaux développements scientifiques dans son domaine pendant son absence, note Mme O’Donnell.

Les résultats de ce sondage arrivent à peine une semaine après que le gouvernement Trudeau eut publié un budget fédéral axé sur l’égalité des sexes et la promotion des femmes dans les domaines scientifiques.

Selon la responsable du sondage, ce budget est d’ailleurs un grand pas dans la bonne direction, mais il y a toujours beaucoup de travail à faire pour améliorer la place des femmes scientifiques dans la fonction publique.

Elle craint notamment que s’il n’y a pas d’amélioration rapide, les jeunes scientifiques qui entrent dans la fonction publique quittent pour le privé après quelques années. «La machine bureaucratique en est une qui est très lente à changer», conclut-elle.