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Rapport dévastateur sur la productivité

Pas question de changer le mode de rémunération des médecins, dit Couillard

Charles Lecavalier | Agence QMI

Philippe Couillard n’a pas l’intention de changer le mode de rémunération des médecins malgré un rapport qui dévoile une perte importante de productivité de la classe médicale depuis 10 ans.

«Le paiement à l’acte, malgré tous ses défauts, fait en sorte qu’on a intérêt à voir plus de patients. Alors si on change le mode de rémunération pour enlever un incitatif à voir plus de patients, on va accentuer le phénomène dont vous venez de me parler», a lancé le premier ministre mercredi en marge d’une mission en France.

Il a indiqué que le mode des paiements pour les médecins était de toute façon «mixte» et non pas seulement basé sur les actes médicaux donnés.

À LIRE: Mieux payés, les médecins travaillent moins

Un rapport dévastateur commandé par le commissaire à la Santé, maintenant aboli par le gouvernement Couillard, dévoile que le nombre de visites par médecin de famille a diminué de 17%, et de 12% chez les spécialistes depuis 10 ans. La hausse de rémunération fulgurante des médecins du Québec depuis 10 ans s’est donc soldée par une baisse importante de productivité.

Pour les chercheurs, le mode de rétribution basé sur la rémunération à l’acte est au cœur du problème. Le nombre de jours travaillés est également en chute: de 4,5% pour les omnipraticiens, et de 3,1% chez leurs collègues spécialistes.

«On a réussi, entre 2006 et 2015, à doubler l’argent qu’on a investi dans la rémunération des médecins, sans augmenter le volume de services», a constaté l’un des chercheurs qui a dirigé l’étude, Damien Contandriopoulos, en entrevue avec Le Journal.

M. Couillard a toutefois minimisé la portée de l’étude en indiquant que ce phénomène était déjà connu. «C’est le même phénomène. Si vous regardez des articles en 2002, 2003, 2004, on a toujours nommé ce phénomène au Québec», a-t-il dit.

 

M. Couillard s’est d’ailleurs félicité d’avoir rapidement adopté des pièces législatives comme la loi 20 qui «impose des obligations de productivité aux médecins qu’on n’avait jamais obtenus jusque-là».

Le ministre de la Santé a aussi indiqué que l’étude conclut qu’il n’existe pas de mode rémunération idéal.

«En 2014, j’ai fait le tour des facultés de médecine. Je n’ai rien appris ce matin. C’est un constat pré-réforme. Cela ne rend pas compte des changements qui ont été apportés», a indiqué Gaétan Barrette, questionné lors d’un point de presse mercredi matin.

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