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Journée internationale des femmes

Une conductrice d'autobus heureuse derrière son volant

Nadia Lemieux

 - Agence QMI

NADIA LEMIEUX/AGENCE QMI

Les femmes représentent un peu plus de 20 % des chauffeurs d’autobus et opérateurs de métro à Montréal. À l'occasion de la Journée internationale des femmes, nous vous présentons une conductrice d’autobus passionnée par son métier depuis bientôt huit ans.

Pour Dhouha Ben Ammar, la Journée internationale des femmes représente un bon moment pour déconstruire les idées préconçues sur la présence des femmes dans le milieu traditionnellement masculin de la conduite d’autobus.

Cette carrière était un choix tout indiqué pour celle qui a toujours été passionnée du service à la clientèle et de la conduite automobile. À 28 ans, alors qu’elle était sur le point de terminer un baccalauréat en enseignement, elle a décidé de se lancer dans ce métier.
«Je passais une journée et j’avais déjà hâte au lendemain. C’est là que j’ai compris que j’étais comme un poisson dans l’eau quand je conduisais l’autobus», a-t-elle raconté.

La Société des transports de Montréal emploie pour le moment 785 conductrices d’autobus sur un total de 3 660, soit 21 %. Du côté du métro, ce sont 75 opératrices sur un total de 345, soit 22 %.
Trouver sa place

«C’est sûr que j’avais une petite inquiétude. C’est un monde d’hommes et je suis une femme, a admis Mme Ben Ammar, aujourd’hui âgée de 36 ans et mère de deux enfants. Mais si, vraiment, je ne m’étais pas trouvée à ma place, j’aurais eu mon plan B, être enseignante.»

Ses appréhensions ont vite disparu après son embauche. «J’avais mis de la pression sur moi pour bien faire les choses, a-t-elle raconté. Ç'a pris deux ou trois semaines avant que je réalise que je n’avais rien à prouver à personne. J’ai trouvé ma place sereinement.»
Bonnes relations

La conductrice précise que ses relations avec ses collègues masculins sont généralement très bonnes. Elle se sent confortable de travailler avec une majorité d’hommes et n’a jamais vécu de situations dérangeantes.

«C’est sûr qu’il y a des fois des petites blagues par-ci, par-là. Mais j’appelle ça plus de la maladresse qu’autre chose, a-t-elle expliqué. Mais de plus en plus, les femmes font leur place. Elles viennent mettre une touche particulière au métier.»
Différent tous les jours

Dhouha Ben Ammar aime son métier surtout parce qu’elle ne sait jamais comment sa journée se déroulera. «Tous les jours, j’ai des anecdotes et des histoires à raconter», a-t-elle souligné. Les sourires des enfants qui entrent dans son autobus et les discussions avec des personnes âgées sont pour elle des «petits bonheurs de la vie».

Mme Ben Ammar a mentionné que les femmes sont reconnues pour être accueillantes, ce qui est une force pour nouer des liens avec les usagers du transport en commun.

Elle se réjouit de constater que le nombre de collègues féminines ne cesse de croitre depuis qu’elle pratique son métier. «De plus en plus, les femmes se voient comme chauffeuses d’autobus», a-t-elle remarqué.

Elle encourage les femmes qui auraient des inquiétudes à se lancer dans cette carrière. «Si j’avais hésité au départ, je n’aurais pas trouvé chaussure à mon pied. Je l’ai trouvé parce que j’ai osé. Des fois, l’inconnu, on l’évite, mais on passe à côté de certaines choses», a-t-elle confié.