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Bourse de New York

Wall Street hésite face aux remous sur les taxes à l'importation

Agence France-Presse

La Bourse de New York, ébranlée pendant la majeure partie de la séance par la démission du conseiller économique de la Maison-Blanche Gary Cohn, s'est redressée en fin de journée alors que s'apaisaient les craintes d'une guerre commerciale généralisée.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,33 % à 24 801,36 points tandis que le Nasdaq, à forte coloration technologique, a gagné 0,33 % à 7 396,65 points.

L'indice élargi S&P 500 a lâché 0,05 % à 2 726,80 points.

L'annonce du départ de M. Cohn après la décision très controversée du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium a secoué la Bourse de New York.

Cet ancien banquier libéral, en plus d'avoir ravi le milieu des affaires en poussant fortement pour la réforme des impôts et la dérégulation du secteur financier, était considéré par Wall Street comme un rempart face aux velléités protectionnistes de Donald Trump.

Il «était la voix de la raison face à une guerre commerciale que Trump a l'air de désirer», a estimé Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services.

«Son départ signifie à court terme que les conseillers économiques qui entourent désormais le président sont beaucoup plus populistes et protectionnistes et beaucoup moins ouverts à l'économie de marché que ne l'était un ancien de Goldman Sachs», a-t-il justifié.

Toutefois, «une seule personne ne change pas la face du monde», a ajouté M. Volokhine.

Il reste de plus au sein de l'administration plusieurs figures généralement considérées comme des alliés de Wall Street, dont le secrétaire au Trésor Steve Mnuchin ou le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross, a souligné JJ Kinahan de TDAmeritrade.

Surtout «cette administration a tendance à annoncer au débotté des mesures complètement insensées, à susciter des réactions outrées avant de se décider pour des actions plus pragmatiques», a-t-il remarqué. «Tant qu'on n'a pas plus de détail, il est un peu prématuré de paniquer».

Les indices de Wall Street ont d'ailleurs repris de la vigueur quand la Maison-Blanche a évoqué de possibles dérogations pour le Mexique et le Canada.

«On se demande si tout cela ne relevait pas juste de l'affichage pour négocier de meilleurs traités commerciaux», a relevé Art Hogan de Wunderlich Securities.

Le marché «adopte une position neutre à modérément négative en attendant d'avoir plus d'informations», a-t-il avancé.

Le marché obligataire se détendait un peu: le taux d'emprunt à 10 ans des États-Unis reculait à 2,883 % contre 2,886 % mardi soir, et celui à 30 ans à 3,149 % contre 3,153 % à la précédente clôture.

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