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Collision avec un arbre

Une touriste française meurt dans un accident de motoneige à Lac-Beauport

Dominique Lelièvre | Journal de Québec

Le séjour de deux touristes français a pris une tournure cauchemardesque quand leur motoneige a embouti un arbre à Lac-Beauport, jeudi, tuant la passagère de 25 ans.

La jeune femme prenait place à l’arrière de la motoneige conduite par son compagnon de voyage, un homme de 25 ans, quand ils ont effectué une sortie de piste pour ensuite percuter violemment un arbre, a expliqué le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ).

L’accident s’est produit dans le sentier 369, à quelques kilomètres de la Pourvoirie du Lac-Beauport, situé sur le chemin de la Coulée, où les touristes avaient loué l’engin plus tôt. Ils étaient sur le chemin du retour avec un petit groupe de motoneigistes quand le drame s’est produit vers 10h25.

La passagère était en arrêt cardiorespiratoire à l’arrivée des secours. Son décès a été constaté sur place.

Pour sa part, l’homme a été conduit dans un centre hospitalier de Québec où son état est stable, a indiqué le porte-parole du SPVQ David Poitras, qui ne pouvait préciser la gravité des blessures.

Pas la première fois

C’est la troisième fois en moins de 10 ans qu’un touriste français perd la vie en motoneige à cette pourvoirie. Une femme de 31 ans a également péri dans un accident en février 2009, de même qu’un homme de 62 ans en mars 2015.

Pour louer une motoneige, il suffit d’être âgé de 21 ans ou plus et de présenter obligatoirement un permis de conduire valide. Un dépôt allant jusqu’à 3000$ est aussi exigé.

Dans les locaux de l’établissement, c’était l’incompréhension jeudi. Une employée qui a préféré taire son nom a défendu les pratiques de l’endroit, soulignant que les clients qui louent une motoneige pour la première fois reçoivent une formation de plusieurs minutes et qu’il est possible à l’aide d’une clé spéciale d’abaisser la vitesse des engins pour plus de sécurité.

Les clients peuvent aussi demander à être accompagnés d’un guide lors de leur sortie, ce que les victimes de l’accident, jeudi, n’ont pas réclamé, selon cette employée. L’homme avait déjà loué une motoneige dans cet établissement et il a été informé des règles de sécurité, a-t-elle assuré.

«Il connaissait le sentier et il avait toutes les informations. On ne comprend pas», a-t-elle dit en s’avouant «secouée» par les événements.

Il a été impossible de s’entretenir avec le propriétaire de la Pourvoirie du Lac-Beauport.

De son côté, la police de Québec ne pouvait confirmer que les victimes s’étaient aventurées sans guide dans le sentier.

Enquête ouverte

Une enquête a été ouverte pour comprendre les circonstances exactes du drame.

Les policiers tenteront notamment de déterminer si l’inexpérience ou la vitesse pourraient être à l’origine de l’accident. L’hypothèse des facultés affaiblies était exclue.

Lourd bilan pour la motoneige au Québec

19 décès depuis le début de l’hiver

23 décès en 2016-2017

185 000 motoneiges immatriculées au Québec

Sources: Fédération des clubs de motoneigistes du Québec et Société de l’assurance automobile du Québec

Gare à l’inexpérience dans les sentiers

L’inexpérience de certains touristes représente «un gros facteur de risque» quand ils s’aventurent dans les sentiers de motoneige sans l’accompagnement d’un guide, observe la Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ).

«C’est pareil en chasse et en pêche. Un non-résident qui vient ici [se retrouve] devant un territoire qu’il ne connaît pas, un type d’activité dont il n’est pas nécessairement maître», a mentionné le responsable des communications de l’organisme, Simon Duchaine.

Pour cette raison, la majorité des forfaits destinés à la clientèle touristique comporte l’aide d’un guide. Il n’existe toutefois aucune position formelle en ce sens à la FPQ.

«De façon générale, ce que l’on voit, c’est que les pourvoiries qui accueillent des non-résidents, souvent, vont s’assurer d’offrir des forfaits de guidage», souligne le porte-parole.

Selon une employée de la Pourvoirie du Lac-Beauport, les touristes victimes de l’accident de motoneige, jeudi, n’ont pas demandé à être accompagnés par un guide, une information que la police de Québec n’était pas en mesure de confirmer.

La vitesse, principal danger

Pour M. Duchaine, la vitesse reste le principal danger contre lequel il faut mettre en garde les motoneigistes, qu’ils soient initiés ou non à cette activité.

«C’est souvent le cas au niveau des accidents en motoneige. Les gens vont trop vite et il y a une perte de contrôle dans les courbes», signale-t-il.

Dans la même veine, la porte-parole de la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec, Marilou Perreault, recommande aux conducteurs «de ne pas s’emballer par la joie» ou encore de ne pas faire preuve d’excès de confiance afin de maintenir une vitesse sécuritaire.

Les débutants devraient toujours s’entourer de motoneigistes d’expérience, insiste-t-elle.

«Touristes ou pas, ceux qui sont non initiés à la motoneige devraient y aller soit avec un guide ou bien être accompagnés d’une personne qui a de l’expérience au niveau de la conduite à motoneige pour en apprendre les rudiments.»