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Manifestant altermondialiste

L’affaire Jaggi Singh avance au compte-gouttes

Pierre-Paul Biron

 - Agence QMI

Quebec

Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

La requête en divulgation de preuve de Jaggi Singh s’est poursuivie à pas de tortue pour une troisième journée d’audience complète jeudi à la cour municipale de Québec, la couronne s’impatientant de plus en plus des délais et Jaggi Singh gardant le cap.

L’ambiance était tendue en fin de journée alors que pour une troisième séance consécutive, le juge a dû ajourner sans que Jaggi Singh ait pu compléter le contre-interrogatoire de l’enquêteur responsable du dossier des manifestations du 20 août dernier. Le manifestant altermondialiste y avait été arrêté et ensuite accusé d’entrave et de supposition de personne, notamment pour s’être identifié comme étant le célèbre joueur de hockey Michel Goulet.

La procureure de la couronne, Marie-Hélène Guillemette, en avait notamment contre le fait que Jaggi Singh, qui se défend seul, empiète sur d’autres étapes alors que la procédure n’en est qu’à la requête en divulgation de preuve. Elle a fait valoir à plusieurs reprises au juge Pierre Bordeleau que l’accusé «allait partout à la fois» dans sa requête.

«Éventuellement, il va falloir la terminer la requête, on ne la continuera pas pour toute la vie», a notamment lancé la procureure Marie-Hélène Guillemette, excédée par la situation. «S’il veut demander un arrêt des procédures ou plaider sur le fond, on le fera quand ce sera le bon moment.»

«Malhonnête et ambigu»

Répondant aux critiques de la couronne, Jaggi Singh a affirmé que si «la poursuite et les policiers lui avaient remis l’entièreté de la preuve dès le départ», la cause aurait avancé plus vite. L’accusé a d’ailleurs affirmé que le sergent-détective Stéphane Noël ne répondait pas clairement à ses questions, ce qui allongeait le débat.

«Les réponses du sergent-détective sont malhonnêtes. Même le juge a dit que ses réponses étaient ambiguës. C’est un policier de plus de 20 ans d’expérience, il a travaillé à la GRC et à la SQ, il a déjà vu des procès, il sait comment témoigner. Mais il témoigne de façon malhonnête», a souligné le manifestant à sa sortie de la salle de cour.

Sans critiquer le témoignage de l’agent du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ), le juge a quand même demandé au policier Noël d’offrir des réponses complètes pour tenter d’accélérer les choses.

«Les informations sortent à la graine et ce n’est pas un témoignage qui m’édifie jusqu’à maintenant», a souligné le juge Bordeleau.

Arrêt Jordan

La requête en divulgation de la preuve n’étant toujours pas complétée, Jaggi Singh reviendra en cour le 21 mars prochain pour poursuivre cette étape préliminaire et tenter d’en arriver au fond du dossier.

Le juge a souligné qu’il ne laisserait plus qu’une demi-journée pour compléter le contre-interrogatoire du sergent Noël afin d’accélérer les choses. «Quatre jours pour une divulgation de la preuve, c’est assez exceptionnel», a affirmé le magistrat, qui a abordé pour une première fois l’arrêt Jordan.

Jaggi Singh a bénéficié de cet arrêt il y a quelques semaines dans un autre dossier devant la Cour municipale de Montréal, profitant d’un retrait des accusations qui pesaient contre lui.

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