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Journée internationale de la femme

Fière d’être l’une des rares opératrices de remorqueuse

Catherine Montambeault | Agence QMI 

Martin Alarie / Agence QMI

Même si les remarques sexistes au travail font partie de son quotidien, l’opératrice de remorqueuse Katey Sigouin est déterminée à prouver que les femmes ont leur place dans les métiers traditionnellement masculins.

«Je suis mère de trois enfants, dont deux filles, alors c’est important pour moi de leur montrer que les femmes sont capables de faire tout ce que les hommes font. Ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on doit rester à la maison pour s’occuper des enfants», lance la maman de 28 ans.

«Tripeuse de chars» depuis qu’elle est toute petite, Katey Sigouin est l’une des rares dames à œuvrer dans le domaine du remorquage au Québec.

«Normalement, les femmes qui travaillent là-dedans s’occupent de la paperasse dans les bureaux. On est seulement quatre ou cinq femmes qui sont sur le terrain. Notre espèce est assez rare», constate-t-elle en rigolant.

Lorsqu’elle a été embauchée par Remorquage Ste-Agathe/Ste-Adèle il y a six ans, la jeune femme n’a eu aucune difficulté à se tailler une place au sein de l’équipe. C’est plutôt du côté de la clientèle que le genre féminin semble déranger.

Des Commentaires déplacés

Chaque jour, sans exception, Mme Sigouin affirme être la cible de commentaires déplacés ou d’inconduites sexuelles de la part de «deux ou trois clients».

«Il y a des hommes qui me disent: “J’aime ça te voir penchée comme ça en dessous de mon char” ou “Avec un beau sourire comme ça, j’aimerais ça te pogner par les cheveux”», raconte-t-elle.

Plusieurs d’entre eux remettent aussi en doute ses compétences.

«Quand ils me voient débarquer de mon camion, ils sont surpris et me demandent: “C’est toi qui vas faire la job ? Sais-tu ce que tu fais ?”»

Heureusement, ses patrons et ses collègues sont toujours là pour la soutenir.

«Et à un moment donné, tu te fais une carapace, dit-elle. Au début, je trouvais ça difficile, mais j’ai appris à lâcher prise et à ne pas écouter les clients désagréables. Ou ça m’arrive de leur répondre: “Me parlerais-tu comme ça si j’étais ta femme ?”»

Un métier physique

Le métier d’opérateur de remorqueuse exige tout de même une certaine force physique, souligne Katey Sigouin.

«On ne travaille pas juste avec des autos, mais aussi avec des trucks de 53 pieds, explique-t-elle. Plus les véhicules sont gros, plus les équipements qu’on utilise sont pesants.»

Mais en se tenant en forme, Mme Sigouin soutient être capable d’effectuer les mêmes tâches que ses collègues masculins.

«J’adore mon travail, parce que ce n’est jamais pareil et ça bouge tout le temps, ajoute-t-elle. En plus, j’adore les chars, alors quand tu me donnes un volant, des poulies, des câbles... il n’y a rien de plus beau que ça !»