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Étude de l’IEDM

Québec nuirait à l’industrie du sirop d’érable

TVA Nouvelles 

Les règles imposées par le gouvernement du Québec pour réguler la production de sirop d’érable nuisent à l’industrie, selon une étude publiée jeudi par l’Institut économique de Montréal (IEDM).

«Plusieurs indicateurs démontrent que quelque chose ne fonctionne pas avec le système actuel», a dit l’auteur de l’étude, Alexandre Moreau, en entrevue sur le plateau de Dumont.

L’analyste en politiques publiques s’inquiète de voir une baisse des parts de marché du Québec sur la production mondiale. La province a enregistré une faible croissance par rapport aux États américains du Vermont, du New Hampshire et de New York, ou encore par rapport au Nouveau-Brunswick.

«La fédération devra se sortir la tête du sable et voir que ça va beaucoup trop bien à l’extérieur pour conserver les mesures actuelles», a ajouté M. Moreau.

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) est l’agent de vente exclusif pour la vente en vrac, qui représente 85 % de la production annuelle de sirop d’érable. Les producteurs doivent donc passer par la Fédération ou par quelques vendeurs autorisés pour écouler leur production en contenants de plus de cinq litres, la plupart du temps en barils.

Ces mesures devaient permettre de mieux écouler les stocks année après année. Or, ces règles limitent les producteurs plus entrepreneurs qui désireraient prendre des risques.

Alexandre Moreau a d’ailleurs donné en exemple des familles d’acériculteurs qui ont fait le choix de traverser la frontière pour se libérer de ces contraintes.

Des producteurs heureux du système actuel

Au Bas-St-Laurent, on compte plus de 600 érablières sur le territoire. L’industrie acéricole génère chaque année plus de 70 millions de dollars en retombées économiques.

Pour Gilles Lepage, copropriétaire de l’Érablière La Goudrelle situé à Saint-Narcisse-de-Rimouski, le système de contingents en place depuis 2004 aide les producteurs de la région.

«En tant que producteur de l’Est-du-Québec, on est toujours les derniers à sortir notre sirop. Si on n’a pas de contingents, comment va-t-on vendre notre sirop? Ils vont acheter en Beauce et à Montréal avant nous? En dernier, on reste avec les miettes», explique le producteur acéricole.

Il croit que le système en place assure davantage de stabilité sur le marché pour la fixation des prix. L’abolition du système aurait un impact important.

Selon la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, la province a connu un développement de «sans précédent» depuis la mise en place du système de contingents. Le nombre d’entailles est passé de 33 millions en 2000 à 46 millions cette année.

Dans l’histoire de la production mondiale de sirop d’érable, le Québec a surpassé le 80 % de la production mondiale à deux reprises en 2000 et 2003. Il s’agissait de situations exceptionnelles en raison de la très faible production de nos voisins du Sud en raison des conditions météo, estime la Fédération.

«De façon générale depuis 15-20 ans, le Québec fournit en moyenne 72 % de la production mondiale de sirop d’érable. Donc, ce n’est pas vrai qu’on est en déclin. Ça fluctue d’une année à l’autre en raison de dame nature», explique son directeur général, Simon Trépanier.

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