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Sécurité

La GRC crée une banque nationale pour l’ADN des personnes disparues

Agence QMI

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JOEL LEMAY/AGENCE QMI

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) disposera dorénavant d’une banque de données génétiques des personnes disparues. S’il s’agit d’un pas dans la bonne direction, des intervenants ont dénoncé lundi une mesure tardive et insuffisante.

«Les libéraux ont dormi au gaz pendant des années», a dénoncé le sénateur conservateur Pierre-Hugues Boisvenu, rappelant que le projet de loi pour la mise en œuvre de la banque avait été adopté par le gouvernement Harper en 2014.

«Beaucoup de familles se demandaient pourquoi le fédéral n’allait pas de l’avant. C’est comme si c’était une plaie pour les libéraux de mettre en place un projet des conservateurs», a ajouté M. Boisvenu, qui milite depuis le début des années 2000 pour la création d’une telle ressource.

S’il se dit «très heureux» de l’annonce, le sénateur croit qu’Ottawa doit absolument mettre en place un protocole qui oblige les corps policiers à contribuer au registre, tout en fournissant les ressources nécessaires pour que la banque de données soit maintenue à jour.

Trois types d’échantillons

Lancé lundi matin, le nouveau programme national de la GRC permettra de stocker trois types d’échantillons biologiques et de profils d’ADN dans la Banque nationale de données génétiques (BNDG).

Un fichier sera consacré au profil génétique des personnes disparues, établi à partir d’effets personnels comme une brosse à dents ou des vêtements. Un deuxième fichier stockera l’ADN de restes humains trouvés. Puis, les parents de personnes disparues pourront soumettre volontairement leur profil génétique à des fins de comparaison.

Les services policiers, les coroners et les médecins légistes de partout au Canada pourront se tourner vers le laboratoire de la BNDG à des fins d’analyse.

Ce programme «ne permettra pas de résoudre tous les cas, mais il sera un outil précieux à la disposition des services policiers pour qu’ils puissent aider les proches à tourner la page», a fait savoir par communiqué le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale.

Le gouvernement s’est défendu de s’être traîné les pieds, expliquant que la création du programme avait nécessité l’embauche et la formation de nouveaux employés, l’aménagement d’un laboratoire et l’élaboration de nouvelles procédures.

D’autres mesures souhaitées

Saluant un «pas dans la bonne direction», l’Association des familles de personnes assassinées ou disparues (AFPAD) estime que le gouvernement doit aller encore plus loin.

L’AFPAD demande à Ottawa d’obliger tous les corps policiers à travailler ensemble au sein d’une escouade pancanadienne consacrée aux disparitions, de modifier la loi pour faciliter la collecte d’informations par les policiers et de créer une banque nationale de photos, inspirée de la base de données nationale NamUs aux États-Unis.

«Ce n’est pas compliqué à mettre en place et, en plus, c’est une plateforme qui a été créée au Canada... C’est d’un ridicule assommant», constate la directrice générale de l’organisme, Nancy Roy.

L’avocate rappelle que les ressources sont rares dans les cas de disparitions d’adultes, qui ne font pas l’objet d’alertes Amber, par exemple

Selon les chiffres du ministère, plus de 78 000 personnes ont été portées disparues en 2017 au Canada, dont 88 % ont été retrouvées en sept jours ou moins. Quelque 500 individus par année manquent toujours à l’appel un an après le signalement.

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