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Des commerces ouvrent à Lachine

La rue Notre-Dame en transformation

Nadia Lemieux | Agence QMI

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NADIA LEMIEUX/24 HEURES/AGENCE QMI

Encouragés par des subventions aux entreprises, de plus en plus de commerces ouvrent leurs portes sur la rue Notre-Dame à Lachine, contribuant à donner un nouveau souffle à cette artère longtemps délaissée.

Dans les trois dernières années, 10 commerces de la rue Notre-Dame ont fermé leurs portes contre 18 qui ont ouvert. Six ont bénéficié de subventions.

Le marché d’alimentation Station Angus a ouvert ses portes samedi dernier au marché de Lachine situé sur la rue Notre-Dame. Pour s’installer sur cette rue, Station Angus a bénéficié de près de 200 000 $ en subventions accordées par les programmes PRAM-Commerce, financé par la Ville de Montréal, et Renouveau Notre-Dame, administré par PME Montréal West-Island.

Le marché est jusqu’à maintenant la sixième entreprise à avoir obtenu un soutien financier pour s'établir sur la rue Notre-Dame.

Renouveau Notre-Dame attribue aux entrepreneurs des subventions de 30 000 $ et PRAM-Commerce des sommes variables en fonction des travaux de rénovation à effectuer sur le bâtiment.

Transformation

À l’époque de l’activité industrielle intense à Lachine, 30 000 ouvriers travaillaient au centre-ville, dont 8 000 à la Dominion Bridge Company. Située au cœur du quartier, la rue Notre-Dame était l’artère commerciale la plus importante.

Le ralentissement de l’activité industrielle au milieu des années 70 a entrainé un important déclin de la fréquentation du secteur.

«Dans les années 80, on disait que la rue Notre-Dame était comme la rue Sainte-Catherine, a raconté la mairesse de l’arrondissement Maja Vodanovic. Beaucoup de gens de Lachine se rappellent de l’époque quand la rue était pleine. Maintenant, il y a une transformation parce qu’on veut construire et repartir une industrie.»

Revalorisation

La mairesse admet que le processus de revalorisation prendra du temps, mais constate que la transformation est en branle.

Des succursales de la Librairie de Verdun et de Falafel St. Jacques ouvriront prochainement sur la rue, également soutenus par les programmes.

«La Station Angus, la librairie et Falafel St. Jacques, c’est le "tipping point". À un moment donné, ça va mal, et hop! Il y a quelque chose qui fait en sorte qu’on va dans une autre direction», s’est réjoui Mme Vodanovic.

Une rue avec du potentiel

L’entrepreneure Alexandra Pagé, qui possède sa propre marque d’accessoires pour enfants, n’avait jamais pensé ouvrir son propre magasin. Des subventions de plus de 35 000 $ ont changé ses plans.

Sa boutique Glup connait une popularité croissante depuis son ouverture en octobre 2016. Elle remarque qu’une communauté serrée d’entrepreneurs de la rue Notre-Dame contribue à attirer une plus grande clientèle.

«On a eu l’initiative de faire des vidéos promotionnelles sur Facebook, où on racontait qu’il y avait beaucoup de commerces dans le milieu du bébé sur Notre-Dame, a-t-elle mentionné. On se réfère beaucoup les uns les autres.»

Lors du passage du «24 Heures» mercredi dernier, près de 35 locaux inoccupés ont été dénombrés entre les 6e et 19e avenues.

Malgré tout, «la rue a du potentiel, considère le copropriétaire du marché Station Angus Brahm Aronovitch. Ce coin est bon à cause des condos et des nouveaux développements. C’est sûr que c’est un gros investissement, mais les programmes ont été une grosse raison pour laquelle on a choisi la rue Notre-Dame.»