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Visite en Californie

Les huit prototypes du mur à la frontière promis par Trump

Agence France-Presse

Le président républicain Donald Trump se rend mardi en Californie pour la première fois depuis son élection afin d'aller notamment voir les huit prototypes du mur géant qu'il a promis de construire à la frontière avec le Mexique afin de freiner l'immigration clandestine.

Les huit prototypes grandeur nature et qui font jusqu'à neuf mètres de haut et de large sont exposés depuis fin octobre dans une zone désaffectée fermée au public à Otay Mesa, localité qui jouxte San Diego et la frontière avec la ville de Tijuana au Mexique. Afin de décourager tagueurs ou manifestants, ils sont surveillés par des caméras et leur accès est bloqué par des grilles et des plots en béton empêchant les véhicules d'accéder.

De couleur beige, brune ou grise selon les modèles, ils devaient être pourvus de fonctions «anti-escalade». En les dévoilant la police des frontières (CBP) avait dit que les «tester et évaluer» devrait prendre un à deux mois, un délai maintenant largement dépassé.

Le gouvernement américain avait annoncé fin août avoir sélectionné quatre entreprises pour construire des prototypes de murs en béton renforcé: Caddell Construction Co.; Fisher Sand & Gravel, DBA Fisher Industries; Texas Sterling Construction Co. et W. G. Yates & Sons Construction Company, toutes quatre basées aux États-Unis.

L'administration avait aussi dit faire appel à d'autres entreprises utilisant d'autres matériaux comme l'acier.

Ces sous-traitants avaient participé à l'appel d'offres lancé en mars dernier par le service fédéral des douanes et de protection de la frontière, à la suite d'un décret signé par le président américain dès son arrivée au pouvoir.

Le président Trump a promis pendant sa campagne électorale de faire construire un mur sur 3000 kilomètres de frontière avec le Mexique. Environ un tiers de la frontière comporte déjà une forme de barrière ou un mur, comme c'est notamment le cas aux alentours de San Diego.

Le locataire de la Maison-Blanche avait aussi assuré que le Mexique paierait pour la construction de ce mur même si le gouvernement mexicain s'y refuse catégoriquement.

Chaque section de mur coûtera entre 400 000 et 500 000 dollars. D'après diverses estimations, la construction de ce mur pourrait coûter au total jusqu'à 20 milliards de dollars.

Le projet de mur fait l'objet de plusieurs plaintes dont l'une déposée par des organisations de défense de la nature, à laquelle s'est joint le procureur de Californie. Elles dénonçaient des atteintes à la Constitution et aux lois environnementales californiennes si le mur venait à être bâti.

L'argument n'a pas été retenu par un juge fédéral de San Diego, Gonzalo Curiel, devenu célèbre après que le magnat de l'immobilier eut mis en doute son impartialité à cause de ses origines mexicaines dans le litige autour de son ex-université.

D'après la police des frontières, les murs déjà existants à la limite avec le Mexique «se sont révélés très efficaces dans notre stratégie de sécurité pour empêcher l'entrée illégale de personnes et de drogues».

Les murs s'inscrivent dans ces opérations de protection de la zone frontalière qui comprennent des patrouilles routières, des faisceaux lumineux et des technologies de surveillance.

Il y a eu peu de manifestations jusqu'alors près des prototypes à part un petit rassemblement de pro-Trump en décembre, mais un collectif d'artistes a projeté des messages lumineux pro-immigration comme «Les réfugiés sont bienvenus ici» en s'installant dans des camions depuis le côté mexicain.

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