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Agressions sexuelles

«Prédateur sexuel»: première défaite de Gilbert Rozon

Michael Nguyen | Agence QMI

Gilbert Rozon vient de subir une première défaite devant le tribunal en échouant à faire retirer le terme «prédateur sexuel» de l’action collective le visant.

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«Le tribunal considère qu’il ne serait pas approprié de radier les allégations visées avant même d’avoir donné une chance [au regroupement] de présenter son argument au tribunal», tranche le juge Donald Bisson dans une décision obtenue par Le Journal de Montréal. 

L’ancien grand patron de Juste pour rire, qui nie avoir commis toute inconduite sexuelle, est poursuivi pour au moins 10 millions $ par Les Courageuses, un regroupement de femmes qui disent avoir toutes été agressées par Rozon, entre 1982 et 2016.

Ce groupe est pour le moment composé d’une vingtaine de femmes.

«Rozon est un homme âgé de 63 ans qui a agressé et harcelé sexuellement de nombreuses femmes et filles sur une période s’échelonnant sur un minimum de 34 ans, de sorte qu’il mérite la qualification de prédateur sexuel», peut-on lire dans la demande d’action collective.

Les Courageuses indiquent également que Rozon a déjà «violé, brutalisé et harcelé» des femmes.

«Illogique»

Rozon avait répliqué en demandant au tribunal de retirer de la demande d’action collective plusieurs termes qui référaient, selon lui, à un crime et non à une faute civile.

L’ex-magnat de l’humour affirme que seule la chambre criminelle du tribunal «peut se prononcer sur la qualification d’actes criminels», et ce même si l’on voit régulièrement des victimes se tourner vers le civil afin d’obtenir des dédommagements pour des actes qui peuvent aussi être criminels.

Le juge Bisson note d’ailleurs que si Les Courageuses prouvent que Rozon a effectivement violé des femmes, «ces gestes constitueront alors autant de fautes entraînant sa responsabilité civile, sans qu’il soit nécessaire que celui-ci ait été condamné au criminel pour ces actes».

Le magistrat a également qualifié «d’illogique» la demande de Rozon, puisqu’il n’a pas demandé de retirer le terme «agression sexuelle».

«M. Rozon ne pousse donc pas la logique de son propre argument selon lequel il faudrait radier tous les termes [...] qui constitueraient des actes criminels», insiste le magistrat, en rejetant de A à Z la demande de Rozon.

 

 

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