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Serres Toundra

Dans la peau d’un cueilleur de concombres

Jean Houle | TVA Nouvelles

Les serres Toundra de Saint-Félicien ont vu près de 600 employés passés à la cueillette de concombres en un an.

Pour continuer à opérer, l’entreprise a décidé d’embaucher de la main-d’œuvre est originaire du Guatemala  

Afin de mieux comprendre les difficultés auxquelles les travailleurs dans les serres font face au quotidien, notre journaliste Jean Houle a tenté de se classer pour l'emploi. 

L’effeuillage des plants

Il a d'abord été affecté à l'effeuillage.

«Les plants ne doivent pas dépasser 22 feuilles (...) On les compte les matins, et on enlève celles qui sont de trop», explique la superviseure France Grenier.

Les travailleurs doivent donc tirer le plant, choisir une feuille et la trancher d'un coup de poignet sans abîmer le plant. Certains peuvent accomplir cette besogne pendant un quart complet de 10 heures.

«Ça prend quelqu'un de méticuleux et qui est capable d'entrer dans sa bulle. Ceux qui aiment être dans leur bulle, c'est un travail pour eux», précise-t-elle.

Une rémunération au rendement

Le salaire d'entrée est de 12,40$/heure.

«Avec les bonus, certains gagnent de 27 à 30 dollars l'heure», assure le président-directeur général des Serres Toundra Éric Dubé.

«Certains gagnent 13$/heure, d'autres le doublent selon la prime au rendement. 75% des travailleurs atteignent les cibles», rajoute-t-il.

«C'est dur, mais c'est faisable. Si tu veux un résultat, il faut que tu travailles», explique le président du syndicat Rodrigue Harvey.

La nécessité des travailleurs étrangers

Les Serres Toundra ne pourraient plus être exploitées sans la présence de travailleurs guatémaltèques qui  représentent 55% de la main d'œuvre de l’entreprise. 

Jose Isais Morales, 25 ans, est père de 4 enfants. Il est discret sur son salaire, mais dit avoir trouvé à Saint-Félicien le meilleur moyen de soutenir sa famille restée dans son pays.

«Je suis venu parce le salaire aide ma famille. C'est très différent, mais c'est un milieu plein de joie. Il n'y a pas de compétition entre nous et les Québécois», confie-t-il.

Le milieu de travail pourrait en séduire plus d’un : la température dans les serres varie entre 22 et 23 degrés Celsius l'hiver, l’endroit est bien éclairé, une musique d'ambiance joue en trame de fond et l’odeur est agréable.

Malgré tout, les découragements sont nombreux.

«On a passé 584 employés en un an. Sans les Guatémaltèques, c'est clair que nous serions fermés», affirme Éric Dubé.  

«Les jeunes trouvent les journées de 10 heures longues. J'ai 61 ans, et ils sont plus fatigués que moi», constate Rodrigue Harvey.

Résultat de l’expérience

Les premières tentatives du journaliste de TVA Nouvelles n'ont pas été concluantes. Après plusieurs essais, il a dû se rendre à l’évidence qu’il n’était pas doué pour la cueillette, la taille des plants et l'installation des agrafes pour garder les plants droits.

«Vous n'étiez pas dans votre domaine, pas du tout. Vous aviez peur de briser le plant», a expliqué France Grenier à Jean Houle.

 

 

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