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Montréal

Elle pardonne à celui qui a participé au meurtre de son fils

Michael Nguyen | Agence QMI

Une mère montréalaise dont le fils a été tué par balle est passée outre sa rage et sa colère contre celui qui a participé au meurtre, et espère maintenant que l’accusé tire des leçons du drame pour devenir un actif pour la société.

«Le crime m’a amené au bord de la folie, mais j’ai fait le choix de lui pardonner; j’espère qu’il va utiliser son temps en cellule pour apprendre un métier et pour se pardonner», a émotivement lancé Dominique Narcisse, ce mercredi au palais de justice de Montréal.

Mme Narcisse assistait à l’audience de Ian Charbonneau, un homme de 31 ans accusé du meurtre de Ali Husain Jean, survenu le 11 janvier 2014 dans ce qui ressemble à un vol qui a mal tourné.

Ce jour-là, la victime de 27 ans était dans un appartement de Lachine lorsqu’elle s’est fait mortellement tirer dessus. Charbonneau, qui avait été arrêté trois ans plus tard, a plaidé coupable ce mercredi à une accusation réduite d’homicide involontaire et de vol qualifié. À la suggestion des avocats, il a écopé de 11 années de pénitencier.

Pardon

La tête basse et assis dans le box des accusés, Charbonneau semblait secoué par les témoignages de proches présents dans la salle d’audience.

«J’ai voulu mettre fin à mes jours, j’ai été consommée par le désespoir, a expliqué Jamilah Jean, la sœur de la victime, en s’adressant directement à l’accusé. Je ne me souviens pas de la dernière fois que ma famille a ri, qu’elle était heureuse.»

La mère de la victime a aussi souffert, a-t-elle exprimé au tribunal en disant revivre le meurtre de son fils « en continu », ce qui l’a même amenée à être hospitalisée pour une grave dépression. Mais malgré la douleur, elle a finalement décidé de prendre la voie du pardon.

«Je ne veux plus écouter ces voix qui cherchent vengeance, a commenté Mme Jean. C’est parfois dur de pardonner, mais ça rend l’esprit plus léger. C’est pourquoi je lui pardonne [à l’accusé], tout le monde doit pardonner.»

Décrivant son fils comme un artiste proche de sa famille et qui aimait aider les itinérants, Mme Jean a depuis fondé une organisation au nom de son fils, afin de venir en aide à la communauté. Elle compte d’ailleurs organiser une journée de nettoyage d’un parc.

L’accusé, qui est représenté par l’avocat François Gauthier, n’a pas souhaité s’adresser à la cour avant d’être condamné.

«Je n’ai rien à apporter de plus», a-t-il dit la voix basse.

En plus des 11 ans de pénitencier, Charbonneau s’est vu interdire de posséder des armes à feu pour le restant de ses jours.