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Graves handicaps

Le revenu garanti sur les rails

Nicolas Lachance | Journal de Québec

Simon Clark/Agence QMI

Le gouvernement du Québec a franchi un pas de plus vers l’instauration d’un revenu minimum garantie qui vise les personnes aux prises avec de graves handicaps.

Ce projet de loi se concentre seulement sur les personnes inaptes au travail qui présentent des contraintes sévères à l’emploi. À terme, le programme coûtera près de 500 millions $ par année aux contribuables.

«C’est un premier revenu de base au Québec pour les personnes les plus lourdement handicapées. Ces personnes, qui en ce moment, n'ont pas accès au marché du travail aussi facilement», a expliqué François Blais, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

«On sort carrément ces personnes-là de la logique traditionnelle de l'aide sociale», a-t-il expliqué.

Au total, le gouvernement estime que cette mesure aidera au moins 85 000 personnes. Ainsi, le ministre Blais est convaincu d’avoir l’appui de l’opposition et des groupes communautaires.

«Nous en avons besoin. J'en ai déjà discuté avec les oppositions, je pense qu'il y a une ouverture assez grande à l'examiner», a mentionné le ministre.

Objectif 2023

La révision des revenus se fera graduellement afin de respecter la capacité de payer des Québécois. À l’heure actuelle, le montant maximal offert par le programme d’aide social est d’environ 12 500 $.

Ce n’est que d’ici cinq ans, soit en 2023, que le montant alloué atteindra le seuil de faible revenu de la mesure du panier de consommation (MPC), soit environ 18 000 $.

Le programme d’admissibilité sera également moins restrictif et plus simple d’approche.

«Les personnes pourront conserver leurs montants, même s'ils s'en vont en ménage», a indiqué le ministre.

Ceux qui sont en hébergement ne seront plus automatiquement pénalisés, et ce, de la même façon s'ils ont un revenu de travail.

Ils pourront également continuer à recevoir leurs prestations spéciales ainsi que des actifs comme des héritages.

Réserves

Bien que le projet de loi soit vu d’un bon œil par la majorité des groupes communautaires, certains comme le Collectif pour un Québec sans pauvreté trouve que la proposition du gouvernement comporte beaucoup de lacunes.

«Pourquoi attendre jusqu’à 2023 pour que le revenu de base atteigne, pour les personnes admissibles, la cible de la MPC?», demande l’organisme.

Le ministre rétorque qu’il s’agit de changements majeurs qui ne se réalisent pas du jour au lendemain.