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Arrestation d’un journaliste

Le chef de police de Gatineau blâme un policier

Simon-Pier Ouellet

 - Agence QMI

Twitter (@atreps)

Le chef de police de Gatineau a blâmé le travail du policier pour l’arrestation précipitée d’un journaliste la semaine dernière.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales n’a pas retenu la plainte de harcèlement criminel contre le journaliste de Radio-Canada Antoine Trépanier.

Le DPCP conclut que le journaliste n’a commis aucun acte criminel à l’endroit de la directrice générale des Grands frères et Grandes sœurs de l’Outaouais Yvonne Dubé.

Le directeur du Service de police de Gatineau Mario Harel a fait une volte-face après avoir défendu sans réserve le travail des siens la semaine dernière.

«Force est de constater que le policier n'a pas évalué correctement la situation à la suite de la prise de la déclaration de la victime. Les éléments de base qui constituent une infraction n'étaient pas réunis», a-t-il admis jeudi.

Mme Dubé avait dit craindre pour sa sécurité alors qu’elle était sollicitée par le journaliste pour obtenir une entrevue. Elle faisait l’objet d’un reportage sur ses démêlés avec la justice ontarienne.

Selon Radio-Canada, Antoine Trépanier avait fait trois appels et envoyé un courriel à la dame.

«J’ai été troublé par cette arrestation. Jamais on ne m’a demandé ma version des faits. Mme Dubé avait le droit de porter plainte. Mais la police de Gatineau aurait dû vérifier l’autre côté de l’histoire», a déploré Antoine Trépanier.

Yvonne Dubé bénéficie toujours de la confiance du conseil d’administration des Grands frères et Grandes sœurs de l’Outaouais.

Le président Richard Gravel a expliqué que «jusqu’à preuve du contraire, le C.A soutient la directrice générale».

Le journaliste Antoine Trépanier et la direction de Radio-Canada n’ont pas décidé s’ils allaient porter plainte contre la police de Gatineau ou Mme Dubé.

À la suite de la décision du DPCP, la police de Gatineau avoue qu’elle va modifier sa procédure.

Dorénavant, dès qu’un journaliste sera visé par une plainte, la haute direction devra être prévenue.

On ignore si une accusation de méfait ou d’entrave au travail des policiers sera déposée contre la plaignante, dont la dénonciation n’a pas été retenue.

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