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Abitibi

Conduire à sens inverse dans une côte n’est pas criminel

David Prince | Agence QMI

GRACIEUSETÉ

Le conducteur d’une niveleuse qui circulait en sens inverse en montant une côte a été acquitté lundi de conduite dangereuse causant la mort de deux de ses connaissances.

Charles Grégoire conduisait une niveleuse depuis quelques semaines pour la municipalité de Saint-Félix, près d’Amos en Abitibi, lorsqu’il a été impliqué le 11 juin 2014 dans un accident qui a causé la mort de Jason Quévillon, 21 ans, et Mathieu Blais, 22 ans, deux jeunes avec qui il avait grandi.

Lors de l’impact, M. Grégoire, qui avait 20 ans lors des événements, passait pour la troisième fois dans le rang 7 et 8 ouest. La pratique voulait qu’il passe une première fois à droite, une fois au centre et qu’il revienne en sens inverse de la circulation à gauche de la route.

Lors de l’impact, il était en train de monter une côte, si bien que les deux victimes n’ont vu qu’à la dernière seconde la niveleuse. Le bélier devant la niveleuse était alors surélevé de 90 centimètres et est entré directement dans le pare-brise de la Mazda 3 noire.

Technique dangereuse

Ça faisait plusieurs années que les opérateurs de Saint-Félix procédaient ainsi et c’est comme cela que les patrons avaient montré à Charles Grégoire à niveler les rangs.

Il avait même dû faire face à des remontrances de ses patrons lorsqu’il n’avait fait que deux passes quelques jours avant.

Dans une longue décision, la juge Lucille Chabot a mentionné trouver dangereuse la technique en trois passes pour niveler les rangs, une pratique encore enseignée et utilisée en voirie municipale dans plusieurs petites municipalités «essentiellement pour sauver du temps».

Acquitté

Elle a cependant acquitté Charles Grégoire des accusations de conduite dangereuse causant la mort puisqu’il s’agissait de la façon dont on lui a enseigné à niveler les rangs.

«L’écart de conduite n’est pas celui d’une seule personne, mais d’un département au complet. La norme elle-même est objectivement dangereuse», a dit la juge.

L’avocate de Charles Grégoire, Nathalie Pelletier, s’est dite satisfaite, même si son client devra vivre avec ça toute sa vie.

«Ça n’enlèvera pas son traumatisme psychologique. Mon client connaissait les gens décédés. Mon client a trouvé ça très difficile et il a toujours besoin d’aide», a-t-elle dit.

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