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«Comment redonner à la société?»

Les géants du web face à un examen de conscience

Francis Halin | Agence QMI

Agence France-Presse

Les géants du web doivent faire de toute urgence un sérieux examen de conscience, plaide le numéro deux de la multinationale américaine de relations publiques Edelman.

«On s’attend à ce qu’ils en fassent plus. D’abord, envers leurs propres employés. Ensuite, ils doivent se demander comment ils peuvent redonner à la société», a déclaré au «Journal de Montréal» le chef mondial des opérations d’Edelman Matthew Harrington, après un discours au Conseil des relations internationales de Montréal, mardi.

M. Harrington salue l’innovation et la création d’emplois de ces mégaentreprises, en plus de souligner «les merveilles de leur technologie», mais il se demande à quel prix. «Je ne pense pas que nous avons pensé à ça. Quelles sont les implications éthiques de l’intelligence artificielle faite avec nos données?» s’inquiète-t-il. Il cite en exemple l’accident mortel causé par la voiture autonome d’Uber la semaine dernière.

Comme jamais, ces compagnies devront rétablir le lien de confiance envers leurs clients au risque d’en payer le fort prix. «Je ne pense pas que ces compagnies vont s’écrouler. Déjà, plusieurs d’entre elles posent des gestes», observe-t-il.

Facebook naïf?

Le haut dirigeant de la firme mondiale de relations publiques va même plus loin. Il affirme que Facebook pourrait bien avoir fait preuve de naïveté dans le dossier Cambridge Analytica.

«Je ne crois pas qu’ils s’attendaient à ce que les données soient mal utilisées. Peut-être que cela était naïf, mais c’est là que nous sommes», lance M. Harrington.

Selon lui, la classe politique américaine connaît mal les technologies et a de la difficulté à légiférer en la matière.

Mauvaises nouvelles

À ce sujet, le Baromètre de confiance Edelman montre que la grande majorité des Québécois (61%) admettent consulter les nouvelles... moins d’une fois par semaine. La même proportion (61%) a d’ailleurs peur que les fameuses «fake news» se retournent contre la population comme une arme un jour.

De leur côté, les journalistes voient leur crédibilité bondir de 18% pour passer à 44%, par rapport à l’an dernier.

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