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Don de cellules souches

Un garçon de 15 ans pourrait avoir sauvé la vie de sa mère

Frédérique Giguère | Agence QMI

En attente d’un don de cellules souches depuis six mois, une mère de famille de l’Abitibi atteinte d’une forme rare de cancer a finalement reçu celles de son fils de 15 ans, pour qui tenter de sauver sa maman était l’évidence même.

«C’est vraiment émouvant», confie Marie-Édith Boileau, affaiblie et souffrante, à propos du courageux geste de son fils aîné.

Depuis qu’il a appris que sa mère souffrait d’un lymphome anaplasique à cellule T, une rare forme de cancer des os, Yzak Jalbert était contraint de la voir s’affaiblir de jour en jour. Six mois après le diagnostic, Mme Boileau n’avait toujours pas trouvé le donneur tant attendu et son état de santé était loin de s’améliorer.

Pour être compatible, le donneur potentiel devait notamment être d’origine haïtienne, comme elle, ou encore d’origine africaine ou métisse. Or, selon Héma-Québec, seul 0,4 % des donneurs inscrits au registre sont noirs.

Risques de rejet

Conscient de l’urgence d’agir, l’adolescent s’est porté volontaire il y a quelques semaines, même si son profil ne concordait pas à 100 %.

«On savait que c’était risqué et qu’il y avait plus de risques de rejet», explique Dominique Jalbert, le mari de Mme Boileau.

Un garçon de 15 ans pourrait avoir sauvé la vie de sa mère

Photo courtoisie, Louis Jalbert

Yzak a donc fait le voyage de l’Abitibi jusqu’à Montréal il y a près de deux semaines afin qu’on lui prélève des cellules souches à l’hôpital Sainte-Justine. Après plusieurs injections et six heures de prélèvement, les cellules ont été transférées à sa mère, hospitalisée au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

La greffe s’est bien déroulée, mais Marie-Édith Boileau est loin d’être guérie.

«Actuellement, on est dans le creux de la vague, c’est une période critique, explique M. Jalbert. On tente de garder le moral, c’est la meilleure chose qu’on peut faire.»

Longue attente

Comme les risques de rejet et d’autres complications sont encore bien présents, la famille devra attendre encore un mois avant de savoir si le don s’est avéré un succès.

Qui plus est, la mère de trois enfants a reçu sa plus grande dose de chimiothérapie et de radiothérapie une semaine avant sa greffe de cellules souches. Même si elle tente de demeurer positive, la douleur et l’inconfort sont impossibles à ignorer.

Elle tient toutefois à rappeler au public l’importance de s’inscrire au registre des donneurs de cellules souches.

Le don de cellules souches au Québec :

60 000 donneurs inscrits

100 personnes reçoivent des cellules souches chaque année

1 chance sur 4 qu’un membre de la famille soit compatible

3 % de chances de se faire appeler un jour pour un don

88,1 % de Caucasiens inscrits au registre

0,4 % de Noirs inscrits au registre

Source: Héma-Québec

Pour vous inscrire à la banque : 1 800 565-6635, poste 5279 ou hema-quebec.qc.ca

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