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17 centres de détention de la province

Explosion des peines de prison de week-end

Gilles Turmel | TVA Nouvelles

 - Agence QMI

Chaque fin de semaine, les prisons du Québec sont prises d'assaut par des personnes condamnées pour des délits mineurs, qui viennent purger de courtes peines de façon discontinue.

Ce phénomène a explosé au cours des sept dernières années dans les 17 centres de détention de la province.

En 2010, 3479 détenus avaient purgé des peines discontinues de façon à leur permettre de conserver leurs emplois de semaine. Sept ans plus tard, ils étaient 6361 ; une hausse de 91,5 %.

En enquêtant sur cette réalité du système carcéral québécois, la Protectrice du citoyen a constaté que les détenus sont entassés dans des gymnases, souvent sans toilettes et sans eau. Cette promiscuité préoccupe également les avocats et les agents de la paix en services correctionnels.

«On n'a pas les budgets, l'organisation matérielle et les communications qui permettent de rendre ça efficace», a affirmé Me Clément Massé, le bâtonnier du Bas-Saint-Laurent, en entrevue à TVA Nouvelles.

«On ne peut pas toujours demander aux services correctionnels de faire plus avec moins. Mais c'est la réalité des dernières années», a expliqué de son côté Mathieu Lavoie, le président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels.

Autres possibilités

Pourtant le Code criminel offre aux juges la possibilité d'opter pour d'autres types d'établissement pour les peines discontinues. Des locaux appartenant à des organismes communautaires pourraient par exemple être utilisés. Les peines à domicile seraient une autre option. Mais dans les deux cas, l'encadrement nécessaire exigerait des investissements publics.

Mais selon Mathieu Lavoie, «c'est pas gagnant à titre politique d'investir dans des établissements carcéraux, mais c'est un mal nécessaire les prisons».

«Nos gouvernements sont tellement sollicités et interpellés par les sujets relatifs à l'éducation et à la santé que, malheureusement, ils ne trouvent pas de place dans les budgets pour régler ces problèmes-là », se désole le bâtonnier du Bas-Saint-Laurent.

La Protectrice du citoyen a demandé aux ministères de la Justice et de la Sécurité publique de lui proposer des solutions à ce problème d'ici le 1er juin.