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Hijab et turban au SPVM?

Signes religieux chez les policiers: un enjeu électoral pour Legault

Geneviève Lajoie | TVA Nouvelles

François Legault veut faire du port des signes religieux chez les agents de police un enjeu électoral. «Les gens auront le choix le 1er octobre : s’ils veulent que les personnes en autorité comme les policiers et policières portent des signes religieux, ils voteront pour le Parti libéral, s’ils sont contre, ils pourront voter pour la Coalition avenir Québec !», a soutenu mercredi le chef caquiste, de passage à Shawinigan.

Bien qu'ils soient «accueillants», les Québécois ne veulent pas que les membres des corps de police affichent leurs convictions religieuses, insiste M. Legault. Selon lui, un policier ou une policière arborant un signe religieux risquerait de se placer dans une situation délicate s’il intercepte un prévenu qui a des croyances différentes. «Il y (aurait) une apparence de manque de neutralité», plaide-t-il.

Front commun de l'opposition

Caquistes, péquistes et solidaires font front commun et pressent le Service de police de Montréal (SPVM) de ne pas permettre à ses agents de porter le hijab ou le turban, comme le recommande le conseiller montréalais Marvin Rotrand.

«Ça n’a aucun sens ! La grande majorité des Québécois désire qu’on applique le rapport Bouchard-Taylor, c’est-à-dire que les personnes en situation d’autorité, qui représentent la loi, soient neutre religieusement. Il y a un uniforme à la police et on veut que les gens conservent l’uniforme tel qu’il est !», signale la députée péquiste Agnès Maltais.

Elle ne s’explique pas la position de la mairesse Valérie Plante, qui a manifesté de l’ouverture à cette possibilité. «Quand il s’agit de ces sujets là, on dirait que les maires et mairesses de Montréal essaient de faire de Montréal une Île qui n’a aucun lien avec la société québécoise. Or, on s’excuse, on a des balises nationales, les Québécois doivent être traités de la même façon partout sur le territoire», lance-t-elle.

Malgré ses accointances avec le parti de Valérie Plante, le député solidaire Amir Khadir estime lui aussi que l’interdiction des signes religieux chez les policiers, les juges et les gardiens de prison fait passablement consensus au Québec. «C’est le compromis honorable».

Visage découvert seulement

Le projet de loi 62 sur la neutralité religieuse de l’État adopté l’automne dernier n’empêche pas les personnes en autorité comme les policiers de porter des signes religieux.

La seule restriction imposée par le gouvernement Couillard concerne la réception et la prestation de service, qui doivent se faire à visage découvert.

«On ne veut pas stigmatiser des pièces de vêtement pour ne pas discriminer ou attaquer des gens. Un hijab ou un turban, ça ne couvre pas le visage», précise la porte-parole de la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée.

 

 

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